AccueilActualitésAu Cameroun, de nouvelles auditions pourraient relancer l’affaire Fouda-Mbapou

Au Cameroun, de nouvelles auditions pourraient relancer l’affaire Fouda-Mbapou

L’affaire Fouda-Mbapou, ouverte en 2024 autour de soupçons d’escroquerie et d’usurpation d’identité, revient au premier plan au Cameroun. De nouvelles auditions annoncées en septembre 2026 pourraient permettre aux enquêteurs de préciser le rôle des différents protagonistes dans un dossier où les versions restent profondément contradictoires.

Plusieurs personnalités attendues devant les enquêteurs

Une nouvelle séquence judiciaire se dessine à Yaoundé. Selon des informations publiées ces dernières semaines, plusieurs personnalités doivent être entendues par les enquêteurs de la 1re Région de gendarmerie dans le cadre de l’affaire impliquant notamment Hervé Parfait Mbapou et le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président Paul Biya.

Les personnes annoncées appartiennent à des univers différents. Parmi les profils évoqués figurent notamment un banquier, un député, un homme d’affaires, un maire et un haut responsable de l’administration. Ces auditions ne signifient toutefois pas que les personnes concernées sont poursuivies. Elles doivent surtout permettre aux enquêteurs de recueillir des témoignages et de confronter les éléments accumulés depuis l’ouverture du dossier.

L’affaire connaît parallèlement de nouveaux développements. Une plainte déposée par Olive Ngobo Elok devant le Tribunal militaire de Yaoundé demande notamment que soient examinées d’éventuelles ramifications plus larges du dossier Fouda-Mbapou. Le commissaire du gouvernement doit apprécier les suites judiciaires à lui donner.

Une affaire d’escroquerie qui remonte à 2024

Le dossier éclate publiquement en 2024. Hervé Parfait Mbapou est alors soupçonné d’avoir participé à un réseau utilisant notamment le nom et l’influence supposée de Joseph Fouda pour obtenir de l’argent auprès de différentes personnes. Mbapou est interpellé en juin 2024 après une plainte du conseiller présidentiel.

Plusieurs autres personnes sont ensuite arrêtées. En août 2024, six suspects au moins sont placés en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui, parmi lesquels des agents de renseignement, un policier, un homme d’affaires et Olive Ngobo Elok, alors présentée comme fonctionnaire à la présidence.

Une partie des personnes mises en cause est libérée en septembre 2024 sous contrôle judiciaire. Certaines restent alors soumises à l’obligation de comparaître régulièrement devant le Tribunal militaire de Yaoundé.

Joseph Fouda et Hervé Mbapou défendent deux versions opposées

Le cœur de l’affaire Fouda-Mbapou tient à deux récits difficilement conciliables. Joseph Fouda se présente comme victime de l’utilisation frauduleuse de son identité et de sa fonction. Ses avocats soutiennent qu’aucun élément tangible ne permet d’établir une collaboration entre leur client et Hervé Parfait Mbapou.

Mbapou avance exactement l’inverse. Il affirme avoir travaillé avec le haut gradé et l’a publiquement présenté comme le « responsable central » du système qu’il décrit. Dans une formule devenue emblématique de sa défense, il déclarait en 2024 qu’« il n’y a pas de faux contre-amiral », mettant directement Joseph Fouda en cause. Ces déclarations restent des accusations et n’établissent pas, à elles seules, une responsabilité pénale du conseiller présidentiel.

Le dossier a encore gagné en visibilité durant l’été 2026 lorsque l’ancien officier de renseignement Kenneth Effoudou a lui aussi formulé de graves accusations contre Fouda. Le vice-amiral conteste les accusations portées contre lui.

Les auditions pourraient clarifier les flux d’argent et les responsabilités

L’enjeu des nouvelles auditions dépasse désormais la question d’une simple usurpation d’identité. Les enquêteurs doivent déterminer comment fonctionnaient les relations entre les différents intermédiaires, quelles promesses auraient été formulées et à qui les sommes évoquées dans le dossier auraient réellement été versées.

La prudence reste indispensable. Plusieurs informations entourant l’affaire proviennent de protagonistes directement impliqués, de leurs avocats ou de médias camerounais citant des sources non identifiées. Aucun jugement définitif n’établit à ce stade la culpabilité de Joseph Fouda ou d’Hervé Parfait Mbapou pour l’ensemble des faits qui leur sont attribués.

Les auditions de septembre pourraient néanmoins modifier l’équilibre du dossier si elles permettent de corroborer certains témoignages par des documents, des mouvements financiers ou des communications. Deux ans après les premières arrestations, l’affaire Fouda-Mbapou reste donc loin d’avoir livré toutes ses conclusions.

Monge BANKOLE
Monge BANKOLE
Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.
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