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Tidjane Thiam : les procès qui fragilisent le PDCI

Tidjane Thiam joue une partie de son avenir à la tête du PDCI-RDA devant la justice ivoirienne, avec une décision attendue le 22 octobre 2026. Une nouvelle assignation déposée en septembre prolonge toutefois la bataille et met à l’épreuve l’unité du plus vieux parti de Côte d’Ivoire.

Le procès de Tidjane Thiam attendu le 22 octobre

Le Tribunal de première instance d’Abidjan doit rendre sa décision le 22 octobre dans deux procédures visant le PDCI-RDA et la présidence de Tidjane Thiam. Le 30 juillet, la juridiction a ordonné la jonction des actions engagées par Charles Abié Tchétché et Antoine Siaba, qui présentent des demandes similaires.

Les plaignants contestent notamment la régularité du congrès ayant confirmé l’ancien patron de Crédit Suisse à la tête du parti. Ils invoquent aussi son ancienne nationalité française et son séjour prolongé hors de Côte d’Ivoire pour réclamer la constatation d’une vacance de la présidence et l’annulation de décisions prises par le congrès. Ces arguments restent ceux des requérants et doivent encore être tranchés par la justice.

Le dossier de la nationalité reste particulièrement sensible. La justice avait radié Tidjane Thiam de la liste électorale en avril 2025, considérant qu’il avait perdu la nationalité ivoirienne au moment de son inscription. Quelques jours plus tard, le ministère de la Justice avait toutefois précisé qu’après sa renonciation à la nationalité française, intervenue le 19 mars 2025, il avait automatiquement recouvré sa nationalité ivoirienne d’origine.

Une nouvelle assignation relance la bataille judiciaire

L’échéance du 22 octobre ne mettra pas nécessairement fin aux contentieux. Le 1er septembre, Antoine Siaba a engagé une nouvelle procédure visant Tidjane Thiam et Georges Philippe Ezaley, vice-président du PDCI-RDA.

Selon Akwaba News, le plaignant demande notamment que soient produits les documents utilisés par Tidjane Thiam lors de ses candidatures aux congrès du parti. La procédure s’inscrit donc dans la même bataille autour des conditions de son accession et de son maintien à la présidence.

À ce stade, cette nouvelle assignation ne démontre aucune irrégularité. Elle montre en revanche que même une décision favorable au PDCI le 22 octobre pourrait ne pas clore le feuilleton judiciaire. Pour Tidjane Thiam, le risque tient désormais autant à l’accumulation des procédures qu’à leur issue.

Le PDCI tente de contenir ses fractures internes

La direction du parti répond par une stratégie de mobilisation et d’apaisement. Après le renvoi de juillet, elle a appelé ses militants au calme, à la discipline et à la vigilance face aux rumeurs. Elle assure également que les organes du PDCI continuent de fonctionner normalement sous l’autorité de Tidjane Thiam.

Le soutien officiel reste donc solide. À Daloa, en août, le secrétaire exécutif en chef Yapo Calice a présenté Tidjane Thiam comme le responsable le mieux placé pour conduire le parti vers une reconquête du pouvoir en 2030, malgré les contestations internes et les procédures judiciaires.

Mais plusieurs épisodes montrent que les tensions ne sont pas entièrement résorbées. À Agboville, une nouvelle mise au point a encore été nécessaire en septembre après une initiative politique locale contestée par la hiérarchie du parti. Ce type de conflit révèle les difficultés de la direction à maintenir une discipline uniforme dans toutes ses structures.

Les 80 ans du PDCI deviennent un test d’unité

Cette bataille intervient au moment où le PDCI-RDA célèbre ses 80 ans. Fondé en avril 1946, le parti utilise cet anniversaire pour remobiliser ses bases et préparer les prochaines échéances politiques. Les célébrations ont parcouru plusieurs régions, avec une étape importante à Korhogo le 12 septembre.

Tidjane Thiam cherche parallèlement à imposer une ligne moins conflictuelle. Dès avril, il avait affirmé que le PDCI était héritier d’une « culture de la paix et du dialogue » et salué la représentation d’Alassane Ouattara aux cérémonies du 80e anniversaire comme un geste favorable à l’apaisement politique.

Le 22 octobre constituera donc une étape, pas forcément un dénouement. Une décision défavorable pourrait remettre directement en cause l’architecture actuelle du PDCI. Une victoire judiciaire renforcerait Tidjane Thiam, sans faire disparaître les contestations internes. Pour le parti octogénaire, sa capacité à rester uni pourrait finalement peser aussi lourd que les décisions des tribunaux.

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