La tiktokeuse sénégalaise Nogaye Kara a été placée sous mandat de dépôt le 14 octobre 2026, après une nouvelle affaire d’injures publiques sur TikTok. Déjà condamnée en mars 2025, l’influenceuse pourrait voir ses antécédents judiciaires peser sur son prochain procès, fixé au 19 octobre.
Pourquoi Nogaye Kara a-t-elle été placée en prison ?
Nogaye Dieng, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Nogaye Kara, a été déférée mercredi devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko.
À l’issue de cette présentation, la créatrice de contenu a été placée sous mandat de dépôt. Elle est poursuivie pour diffusion de discours contraires aux bonnes mœurs et injures publiques.
L’affaire trouve son origine dans une confrontation verbale diffusée en direct sur TikTok. Selon plusieurs médias sénégalais, Nogaye Kara aurait échangé des propos injurieux avec une autre utilisatrice, surnommée Mimi, qui résiderait aux États-Unis.
Les vidéos de cet échange ont circulé sur les réseaux sociaux, attirant l’attention des autorités judiciaires. Le parquet de Pikine-Guédiawaye a alors ordonné l’ouverture d’une enquête confiée à la Brigade de recherches de Keur Massar.
Interpellée puis placée en garde à vue le mardi 13 octobre, l’influenceuse a été présentée au procureur dès le lendemain.
D’après les informations rapportées par la presse locale, elle aurait exprimé des regrets durant son audition. Ces excuses n’ont toutefois pas empêché son placement en détention.
Une condamnation en 2025 qui pourrait aggraver sa situation
La nouvelle procédure judiciaire intervient moins de deux ans après une précédente condamnation de Nogaye Kara.
Le 24 mars 2025, le tribunal des flagrants délits de Dakar l’avait condamnée, avec le tiktokeur Saliou Mbaye, alias Zale Mbaye, à un an de prison, dont trois mois ferme.
Cette première affaire concernait notamment des injures publiques, des discours contraires aux bonnes mœurs et la collecte illicite de données personnelles.
Les poursuites faisaient suite à une plainte déposée par une commerçante, Laya Diallo, après la diffusion de propos portant atteinte à sa réputation et de données personnelles sur TikTok.
Cette condamnation constitue désormais un élément susceptible d’être examiné par la justice dans le nouveau dossier.
Au Sénégal, l’article 43 du Code pénal prévoit un mécanisme d’aggravation des sanctions dans certaines situations de récidive.
Cependant, une condamnation antérieure ne suffit pas automatiquement à établir la récidive légale. Les magistrats doivent notamment vérifier la nature des infractions, les peines précédemment prononcées et les délais applicables.
Dans le cas de Nogaye Kara, la qualification juridique de la récidive devra donc être appréciée par la juridiction compétente. Aucune peine supplémentaire ne peut être considérée comme acquise à ce stade.
Quand aura lieu le procès de Nogaye Kara ?
La prochaine audience de Nogaye Kara est programmée pour le lundi 19 octobre 2026 devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye.
Cette comparution devrait permettre aux magistrats d’examiner les vidéos à l’origine des poursuites, les circonstances de leur diffusion ainsi que les déclarations de la prévenue.
La défense pourra présenter ses arguments et demander au tribunal de tenir compte d’éventuelles circonstances atténuantes.
Les excuses que l’influenceuse aurait formulées pendant son audition pourraient également être évoquées. Elles ne constituent toutefois ni une garantie de remise en liberté ni une protection contre une éventuelle condamnation.
Le tribunal devra déterminer si les infractions reprochées sont établies et, le cas échéant, fixer la sanction conformément au droit sénégalais.
En attendant cette audience, Nogaye Kara reste placée en détention dans le cadre de la procédure. Il convient néanmoins de distinguer ce mandat de dépôt d’une condamnation définitive : la créatrice de contenu bénéficie toujours de la présomption d’innocence concernant les nouveaux faits.
Les risques judiciaires des directs TikTok au Sénégal
L’affaire Nogaye Kara illustre les conséquences judiciaires que peuvent entraîner certaines confrontations publiques sur les réseaux sociaux.
Au Sénégal, les contenus diffusés sur Internet peuvent donner lieu à des poursuites lorsqu’ils sont susceptibles de constituer des infractions prévues par la législation pénale.
Les insultes, les accusations diffamatoires ou la divulgation illicite de données personnelles peuvent notamment engager la responsabilité de leurs auteurs.
Le caractère spontané d’une diffusion en direct ne dispense pas les utilisateurs de respecter la loi. Les enregistrements et les captures de vidéos peuvent également devenir des éléments examinés dans une procédure judiciaire.
Pour Nogaye Kara, l’enjeu dépasse désormais la simple polémique numérique. Sa précédente condamnation et les nouveaux faits reprochés placent l’influenceuse face à une situation judiciaire particulièrement délicate.
L’audience du 19 octobre sera déterminante pour connaître les suites pénales de cette affaire et savoir si ses antécédents justifient, au regard des conditions légales, une sanction plus sévère.

