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Intelligence artificielle au Mali : un centre ouvre à Kati

Le Mali vient d’inaugurer les nouvelles installations de son Centre d’intelligence artificielle et de robotique (CIAR-Mali) à Kati, près de Bamako. Déjà actif dans la formation depuis 2025, l’établissement doit désormais renforcer la recherche et le développement de solutions technologiques conçues pour les besoins du pays.

Le Mali inaugure son Centre d’intelligence artificielle à Kati

Le président de la Transition, Assimi Goïta, a inauguré le CIAR-Mali le 21 septembre 2026 à Kati Sirakoro Niaré. La cérémonie s’est tenue à la veille du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, en présence notamment du Premier ministre, du président du Conseil national de Transition et du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye.

Les nouvelles installations comprennent des espaces administratifs, des dortoirs, un restaurant, une salle de sport, une salle consacrée aux drones ainsi que plusieurs locaux techniques. Selon le gouvernement, l’ensemble a été financé sur le budget national et construit par des entreprises maliennes. Le coût initial du complexe avait été évalué à environ 3,3 milliards de francs CFA.

L’inauguration marque surtout l’installation du centre dans son siège définitif. Elle ne correspond donc pas au lancement de ses activités universitaires, déjà engagées auparavant. La première pierre du projet avait été posée en 2023, après l’annonce en 2022 d’un pôle d’excellence consacré aux sciences, aux technologies et à l’ingénierie.

Déjà 94 apprenants recensés en mars 2026

Le CIAR-Mali avait commencé à accueillir ses premiers étudiants en 2025. En mars 2026, les autorités faisaient état de 94 apprenants. Parmi eux, 54 suivaient une licence consacrée à l’intelligence artificielle et 40 étaient engagés dans une formation préparatoire.

Cette première cohorte doit contribuer à l’un des principaux objectifs affichés par Bamako : développer localement des compétences dans des domaines technologiques où les profils spécialisés restent stratégiques. Le centre prévoit également de mobiliser l’expertise de chercheurs et professionnels maliens établis dans le pays ou à l’étranger.

Son développement reste progressif. Pour 2026, son projet de budget atteignait 397,4 millions de francs CFA. En 2025, plus de 290 millions de francs CFA avaient été mobilisés notamment pour l’acquisition de véhicules et d’équipements numériques. Les autorités prévoyaient aussi de renforcer les équipes pédagogiques et de lancer de nouveaux projets de recherche.

Agriculture, santé et mines parmi les secteurs ciblés

Le gouvernement veut faire du centre un outil de recherche appliquée, au-delà de la seule formation universitaire. Lors de l’inauguration, Assimi Goïta a notamment cité l’agriculture, la santé, la sécurité et les mines parmi les domaines dans lesquels des solutions locales sont attendues.

L’ambition affichée reste toutefois à distinguer des résultats déjà obtenus. L’infrastructure existe et les formations ont commencé, mais plusieurs applications sectorielles sont encore présentées comme des objectifs de recherche ou de développement. Leur impact dépendra donc des projets effectivement déployés, de leur financement et de leur adoption par les administrations ou les entreprises concernées.

La directrice du CIAR-Mali, Jacqueline Konaté Sogoba, avait déjà expliqué en mai que l’objectif était de faire de l’intelligence artificielle une technologie maîtrisée localement. Le centre travaille aussi sur des coopérations avec d’autres structures publiques afin de relier innovation technologique et besoins opérationnels.

Un Forum national sur l’intelligence artificielle chaque année

Le projet s’accompagne d’une autre initiative destinée à structurer l’écosystème malien. Le Conseil des ministres a annoncé en avril 2026 l’instauration d’un Forum national de l’intelligence artificielle, prévu chaque année au mois de juin.

Ce rendez-vous doit réunir le CIAR-Mali, le secteur privé, la diaspora scientifique et des partenaires internationaux. Le programme annoncé prévoit des conférences, des expositions de prototypes et des compétitions de robotique pour les jeunes. Les autorités veulent ainsi favoriser les échanges et mettre davantage en avant les inventions et compétences développées localement.

Avec son nouveau campus de Kati, le Mali dispose désormais d’une infrastructure dédiée à cette ambition. L’enjeu sera toutefois de transformer les investissements dans la formation et les équipements en projets de recherche durables, puis en solutions réellement utilisées dans les secteurs économiques et les services publics.

Jacqueline OGOUBEYI
Jacqueline OGOUBEYI
Je me nomme Jacqueline OGOUBEYI, je suis journaliste et Rédactrice. J'aime beaucoup la danse, les voyages et la musique. Je m'engage à partager des informations vérifiées sur des sujets ayant trait à la société, le divertissement, la politique.
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