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Cameroun : quatre journalistes libérés après cinq jours

Quatre journalistes camerounais ont été libérés le 21 septembre à Yaoundé après cinq jours de garde à vue, sans qu’aucune charge ne soit finalement retenue contre eux. Leur interpellation avait d’abord été liée à la disparition des lunettes du ministre de l’Économie, retrouvées dès le lendemain dans son véhicule.

Quatre journalistes interpellés au Palais des Congrès

François Essomba, de Chine Afrique, Igor Gwet Bibey, d’Inform Plus, Solange Djuikam, d’Univers Info.net, et Pierre Mouchili, du Procès International, ont été interpellés le 16 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé. Ils couvraient alors la clôture des Journées du Groupe de la Banque islamique de développement, organisées du 14 au 16 septembre dans la capitale camerounaise.

Selon le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC), leur interpellation intervient sur fond de disparition des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. Les quatre professionnels sont d’abord conduits au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, puis transférés au Commissariat central n°1 de Yaoundé.

L’affaire prend rapidement une tournure inattendue. Le 17 septembre, soit au lendemain de leur interpellation, les lunettes sont retrouvées intactes dans le véhicule personnel du ministre, selon plusieurs médias camerounais. Le soupçon initial se retrouve ainsi fortement fragilisé.

Les lunettes retrouvées, mais la procédure continue

La découverte des lunettes ne conduit pourtant pas immédiatement à la libération des journalistes. Selon plusieurs médias locaux, les investigations se poursuivent autour d’une nouvelle suspicion, celle d’une « intrusion non autorisée » dans une réunion à huis clos organisée au Palais des Congrès.

D’après Seneweb, les quatre journalistes sont présentés au parquet le 18 septembre avant que des investigations complémentaires ne soient demandées. Ils restent ensuite privés de liberté jusqu’au lundi 21 septembre. Aucun élément publié depuis leur libération ne fait état d’une charge finalement retenue contre eux.

Cette chronologie soulève une question centrale : sur quelle base leur maintien en garde à vue s’est-il poursuivi après la découverte des lunettes ? Les informations disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’établir précisément l’origine de la seconde suspicion ni les faits qui auraient justifié la poursuite de la procédure.

Le ministre affirme n’avoir déposé aucune plainte

Un autre élément ajoute à la confusion. Le service de communication d’Alamine Ousmane Mey, interrogé par CanalInfo24, affirme que le ministre n’a déposé aucune plainte auprès de la police concernant la disparition de ses lunettes. Il n’aurait pas non plus effectué de déclaration mettant directement en cause les quatre journalistes.

Cette version éloigne donc le ministre de l’origine directe de la procédure, sans toutefois expliquer qui a signalé le vol présumé ni pourquoi les journalistes ont été ciblés. Les autorités policières ou judiciaires n’ont pas, dans les sources consultées, fourni de récit public détaillé permettant d’éclaircir complètement ces points.

Les quatre professionnels ont finalement retrouvé la liberté le 21 septembre. Leur remise en liberté sans charge met fin à leur détention, mais pas aux interrogations sur les circonstances de leur interpellation.

Une affaire qui ravive les critiques sur la liberté de la presse

Le SPIC a qualifié la détention d’« arbitraire et abusive ». De son côté, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) affirme que les journalistes auraient subi des violences au moment de leur interpellation. Cette dernière accusation émane de l’organisation et n’a pas été établie indépendamment dans les sources disponibles.

Au-delà du caractère inhabituel de l’affaire, l’épisode relance ainsi les préoccupations des organisations professionnelles sur les conditions dans lesquelles les journalistes peuvent exercer leur métier au Cameroun. La disparition des lunettes n’était finalement pas un vol établi, tandis qu’aucune poursuite n’a été annoncée contre François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili après cinq jours de garde à vue.

Jérôme-loick ADEGBOLA
Jérôme-loick ADEGBOLA
Rédacteur web passionné, je couvre l'actualité africaine et les grandes tendances mondiales. Je produis des contenus variés et hautement optimisés SEO, pensés pour être lus et trouvés sur Google.
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