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Ceuta : 18 migrants enterrés sans avoir été identifiés

Trois semaines après le drame migratoire qui a fait plus de 90 morts aux portes de Ceuta, les premières inhumations ont commencé. Vendredi 21 août, 18 hommes ont été enterrés dans le cimetière musulman de l’enclave espagnole. Aucun n’a encore été identifié et leurs tombes portent seulement des numéros, alors que des associations demandent que les familles puissent récupérer les corps.

Des tombes numérotées dans l’attente des familles

Les 18 victimes ont été inhumées selon le rite musulman, lors d’une cérémonie accompagnée de prières. Faute d’identification, un numéro a été attribué à chaque tombe afin de permettre une éventuelle identification ultérieure par les proches.

Ces enterrements interviennent après le drame survenu fin juillet. Plus de 72 000 personnes avaient alors tenté de rejoindre Ceuta depuis le Maroc. Certains migrants sont morts noyés, tandis que d’autres ont perdu la vie dans des mouvements de foule près d’un poste-frontière. Le bilan dépasse 90 morts.

Les autorités marocaines et espagnoles mettent notamment en cause des informations diffusées sur les réseaux sociaux ainsi que l’activité de réseaux de passeurs. Des migrants évoquent de leur côté le chômage, les faibles revenus et le manque de perspectives pour expliquer leur départ.

Des associations veulent suspendre les inhumations

L’Association marocaine des droits humains demande que les enterrements soient interrompus tant que toutes les démarches d’identification n’ont pas été menées.

L’organisation souhaite également que les dépouilles puissent être rapatriées au Maroc et remises aux familles.

Les autorités de Ceuta affirment avoir effectué les démarches nécessaires au rapatriement, mais indiquent que la procédure n’a pas encore abouti.

La situation reste également difficile pour les survivants. Une grande partie des personnes arrivées à Ceuta fin juillet sont retournées rapidement au Maroc, mais plusieurs milliers de migrants seraient toujours présents dans l’enclave.

Trois semaines après la tragédie, le défi n’est donc plus seulement celui de l’accueil. Pour les familles qui cherchent encore leurs proches, l’identification des victimes devient désormais une question centrale. Les 18 premières tombes numérotées témoignent de cette attente.

Enagnon Wilfried ADJOVI
Enagnon Wilfried ADJOVI
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.
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