AccueilActualitésPétrole au Gabon : Assala Energy, pari payant pour l’État

Pétrole au Gabon : Assala Energy, pari payant pour l’État

Deux ans après son rachat par Gabon Oil Company, Assala Energy affiche une production supérieure à celle enregistrée au moment de l’opération et poursuit ses investissements. Le pari pétrolier lancé sous Brice Oligui Nguema, initialement jugé risqué en raison de son financement, a jusqu’ici déjoué les scénarios les plus pessimistes.

Le rachat d’Assala Energy avait suscité de sérieux doutes

En juin 2024, Gabon Oil Company (GOC) a finalisé l’acquisition d’Assala Energy auprès du fonds américain Carlyle. Libreville avait exercé son droit de préemption, faisant échouer la vente précédemment négociée avec le français Maurel & Prom. Les actifs produisaient alors environ 45 000 barils par jour et comprenaient sept licences de production terrestres, un réseau de pipelines ainsi que le terminal d’exportation de Gamba.

Le financement concentrait une grande partie des inquiétudes. Gunvor a accordé à GOC un préfinancement de 800 millions de dollars sur cinq ans, accompagné d’un contrat d’enlèvement du pétrole. Ce montage permet au négociant suisse de commercialiser une partie de la production. Il exposait néanmoins le Gabon aux variations du prix du brut et à la capacité des champs vieillissants à maintenir leurs volumes.

À l’époque, GOC disposait surtout d’une expérience limitée comme opérateur de grands champs pétroliers. L’acquisition, valorisée à plus d’un milliard de dollars, apparaissait donc comme un pari industriel autant que financier.

La production d’Assala Energy progresse après le rachat

Les premiers résultats ont progressivement changé la perception de l’opération. En février 2025, Assala produisait environ 52 000 barils par jour, contre 48 000 lors de la reprise effective des actifs. L’entreprise avait notamment intensifié les forages et les opérations destinées à améliorer la récupération sur les puits existants.

La progression s’est poursuivie. S&P Global indiquait en mars 2026 qu’Assala avait atteint 57 000 barils par jour en décembre 2025, soit près de 10 000 barils supplémentaires en dix-huit mois. Cette hausse est d’autant plus significative que certains champs connaissent un déclin naturel estimé entre 15 % et 20 % par an.

Assala a aussi maintenu un niveau élevé d’investissement. Son rapport 2024 faisait état de 356 millions de dollars de dépenses d’investissement, 18 nouveaux puits forés et 34 opérations de reconditionnement de puits.

Grand N’Gongui ouvre une nouvelle phase pour le pétrole gabonais

Le changement d’échelle s’est confirmé en avril 2026 avec la mise en production de Grand N’Gongui. Assala prévoit un développement progressif de ce champ, soutenu par un programme de 60 puits. Le gisement pourrait contenir jusqu’à 350 millions de barils de pétrole initialement en place.

Son potentiel de production dépasse 10 000 barils par jour à terme. Lors de son inauguration, Brice Oligui Nguema estimait que Grand N’Gongui devait porter la production d’Assala au-delà de 60 000 barils quotidiens. « Nous avons pu déjouer tous les pronostics en maintenant un haut niveau de production », déclarait alors le président gabonais.

Quelques semaines auparavant, Assala avait également annoncé sa première découverte depuis son passage sous contrôle gabonais. Le forage Magoga-A a rencontré huit mètres d’hydrocarbures dans la formation de Gamba. Son potentiel commercial reste toutefois à déterminer.

GOC transforme l’essai avec de nouvelles acquisitions

Le succès opérationnel d’Assala a encouragé GOC à poursuivre sa stratégie d’expansion. En 2025, la compagnie nationale a acquis les actifs gabonais de Tullow Oil pour 307 millions de dollars. Ceux-ci représentaient environ 10 000 barils par jour de production attendue et 36 millions de barils de réserves prouvées et probables. Gunvor a de nouveau participé au financement, cette fois à hauteur de 220 millions de dollars.

Le pari n’est cependant pas totalement gagné. Assala exploite des champs matures qui exigent des investissements continus, tandis que le recours aux préfinancements pétroliers maintient une dépendance envers les cours du brut et les négociants internationaux.

Pour l’instant, les chiffres donnent néanmoins du poids à la stratégie défendue par Libreville. GOC n’a pas seulement conservé la production héritée de Carlyle : elle l’a augmentée, lancé de nouveaux développements et utilisé Assala comme socle d’une politique plus large de contrôle national du pétrole gabonais.

Leonce HOUNLIHO
Leonce HOUNLIHO
Passionné du sport et de l'actualité people, Léonce HOUNLIHO a découvert le domaine des relations internationales, il l'a saisi et ne la lâchera plus jamais !
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