L’acteur et réalisateur burkinabè Wabinlé Nabié est décédé le samedi 24 octobre 2026 à Malakoff, près de Paris, à l’âge de 53 ans. Connu pour ses rôles dans Waga Love, Cessez-le-feu et Un triomphe, il laisse derrière lui une carrière entre cinéma africain, productions françaises et documentaires consacrés aux traditions du Burkina Faso.
De quoi est mort l’acteur burkinabè Wabinlé Nabié ?
La disparition de Wabinlé Nabié a été annoncée le lundi 26 octobre 2026 par plusieurs médias burkinabè, notamment le quotidien public Sidwaya, qui cite des informations communiquées par ses proches.
L’artiste est décédé à Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, en région parisienne. Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas été précisées dans les premières annonces publiques.
Les informations disponibles évoquent une disparition brutale, sans établir de cause médicale. Aucune maladie ni aucun accident particulier ne peuvent donc être retenus comme explication à ce stade.
La nouvelle a touché les milieux du cinéma et du théâtre burkinabè, auxquels le comédien avait consacré une grande partie de sa vie professionnelle.
À 53 ans, il poursuivait encore plusieurs activités artistiques, aussi bien comme acteur que comme réalisateur. Son parcours témoignait d’une volonté de faire connaître les récits et les cultures africaines au-delà du continent.
Qui était Wabinlé Nabié, acteur et réalisateur burkinabè ?
Né en 1973 à Fafo, au Burkina Faso, Wabinlé Nabié s’était d’abord formé aux arts de la scène avant de se tourner vers le cinéma.
En 1999, il rejoint l’Atelier Théâtre Burkinabè (ATB), une structure fondée par Prosper Kompaoré. Il y développe ses compétences de comédien et de conteur.
Il intègre ensuite, en 2006, le Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO), où il participe à plusieurs créations, notamment L’Os de Mor Lam et Les Soleils des indépendances.
Cette formation théâtrale constitue le socle de sa carrière. Elle lui permet progressivement d’accéder aux productions audiovisuelles et de se faire connaître du grand public.
Au Burkina Faso, ses prestations dans les séries Waga Love, Petit Sergent et Cour commune contribuent à sa notoriété.
Son parcours prend ensuite une dimension internationale grâce à des collaborations avec plusieurs réalisateurs français.
Dans quels films et séries Wabinlé Nabié a-t-il joué ?
Wabinlé Nabié a participé à différentes productions cinématographiques et télévisuelles, en Afrique comme en Europe.
Parmi ses apparitions les plus connues figurent :
- Cessez-le-feu (2017), d’Emmanuel Courcol, dans lequel il interprète Diofo.
- Un triomphe (2021), également réalisé par Emmanuel Courcol, où il joue Moussa.
- Nona et ses filles (2021), série française de Valérie Donzelli, dans laquelle il incarne Rafia.
- Le Nouveau Jouet (2022), de James Huth, où il interprète M. Kebe.
- Nos frangins (2022), de Rachid Bouchareb, dans le rôle d’Ousmane.
- La Vie pour de vrai (2023), de Dany Boon.
- L’Histoire de Souleymane, de Boris Lojkine, qui figure également dans sa filmographie.
Ces collaborations montrent l’étendue de son activité, entre comédie, drame social et productions indépendantes.
Son travail ne se limitait toutefois pas au jeu d’acteur. Il développait parallèlement des projets personnels consacrés à l’histoire et aux pratiques culturelles de son pays.
Les Scarifiés, un documentaire consacré à son identité
Parmi les réalisations les plus personnelles de Wabinlé Nabié figure Les Scarifiés, un documentaire consacré aux scarifications traditionnelles du peuple bwaba, dont il était issu.
À travers ce film, le réalisateur explore la signification des marques corporelles, leur transmission entre générations et les transformations des pratiques culturelles.
Le documentaire s’appuie sur son propre parcours et sur les scarifications qu’il porte au visage.
Présenté au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) en 2023, ce travail illustre son intérêt pour la préservation du patrimoine culturel africain.
Wabinlé Nabié était également auteur. En 2010, il avait publié La Gazelle et le Caméléon, un recueil de contes bwaba édité chez L’Harmattan.
Avant son décès, il travaillait sur un projet de film historique consacré à Daniel Ouezzin Coulibaly, figure politique de l’ancienne Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso.
Intitulé Wisin le père voltaïque, ce projet devait contribuer à faire connaître une partie de l’histoire politique du pays.
Avec sa disparition, le cinéma burkinabè perd un artiste qui avait su relier les traditions orales, le théâtre et le cinéma contemporain. Son héritage demeure notamment dans ses films, ses interprétations et son travail de transmission de la mémoire culturelle.

