Le rappeur français Prince Waly, de son vrai nom Moussa Magassa, est mort dimanche 4 octobre 2026 à l’âge de 34 ans. Ses proches ont annoncé son décès après huit années de lutte contre la maladie, une période marquée notamment par un cancer du thymus puis par une rare maladie auto-immune.
Prince Waly est mort dimanche 4 octobre
La disparition de Prince Waly a été annoncée dimanche soir par son entourage. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, ses proches ont indiqué qu’il était décédé « des suites d’une longue maladie » contre laquelle il se battait depuis huit ans.
Cette formulation mérite une précision. Prince Waly n’a pas combattu un cancer pendant huit années consécutives. Il avait appris en 2019 qu’il souffrait d’un cancer du thymus. La tumeur avait notamment affecté un nerf contrôlant ses cordes vocales, provoquant une perte de voix pendant plusieurs mois.
Le rappeur avait annoncé sa guérison à la fin de l’année 2021. En septembre 2026, quelques semaines avant sa mort, il avait toutefois révélé souffrir d’un pemphigus paranéoplasique, une maladie auto-immune rare associée à certaines tumeurs.
Cette affection peut provoquer de graves lésions de la peau et surtout des muqueuses. Son entourage n’a pas détaillé davantage les circonstances médicales exactes de son décès.
Un cancer avait interrompu sa carrière en pleine ascension
Originaire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Prince Waly s’était d’abord fait connaître au sein du groupe Big Budha Cheez. Il avait progressivement développé une carrière solo, portée par un rap influencé par les sonorités des années 1990 et une écriture très cinématographique.
En 2016, il publie l’EP Junior. Trois ans plus tard, il poursuit son ascension avec BO Y Z. C’est également en 2019 que son cancer du thymus bouleverse sa trajectoire.
La maladie l’éloigne alors de la scène et du studio. La perte temporaire de sa voix représente une épreuve particulièrement lourde pour un artiste dont toute la carrière repose sur le rap et l’interprétation.
Après plusieurs années de soins, Prince Waly parvient pourtant à reprendre la musique. Son retour se concrétise en 2022 avec Moussa, son premier album solo, un projet particulièrement personnel auquel participent notamment Feu! Chatterton, Jazzy Bazz et Luidji.
« Moussa », l’album d’un retour après la maladie
Avec Moussa, Prince Waly franchit une nouvelle étape dans sa carrière. Le disque porte son véritable prénom et marque sa volonté d’exposer une facette plus intime de son parcours.
Le projet lui permet également de toucher un public plus large tout en conservant l’identité musicale construite durant ses premières années. Son travail attire alors davantage l’attention de la scène rap française.
Prince Waly multiplie les collaborations au fil de sa carrière. Il travaille notamment avec Dinos, Alpha Wann et Freeze Corleone. Il partage également plusieurs morceaux avec Enchantée Julia, chanteuse qu’il épouse en mars 2023.
Cette même année, le couple apparaît sur la scène de la première cérémonie des Flammes, organisée au Théâtre du Châtelet à Paris. Prince Waly y interprète notamment Cra$h aux côtés de son épouse.
Il poursuit ensuite ses projets avec BO Y Z Vol. 2, publié fin 2023. En janvier 2025, il se produit encore à la Philharmonie de Paris lors d’un concert intimiste.
Le rap français perd une figure singulière
Malgré ses problèmes de santé, Prince Waly avait ainsi continué à enregistrer, collaborer et se produire sur scène. Ses proches ont d’ailleurs insisté sur cette volonté de poursuivre son œuvre malgré les épreuves.
Son décès provoque une vague d’hommages dans le rap français. L’artiste laisse derrière lui une discographie relativement courte, mais marquée par une identité forte, entre rap classique, élégance visuelle et narration personnelle.
Sa disparition à seulement 34 ans met également en lumière le parcours médical complexe qu’il avait choisi d’évoquer publiquement. Prince Waly avait transformé une partie de cette expérience en matière artistique, notamment après le cancer qui avait un temps menacé sa voix et sa carrière.
Son album Moussa restera ainsi comme le symbole de ce retour : celui d’un rappeur revenu à la musique après avoir cru pouvoir perdre définitivement son principal instrument.
