Moins d’un an après sa nomination, Emmanuel Nchimbi s’apprête à quitter la vice-présidence de la Tanzanie. Il a annoncé le 25 août son retrait prochain de la vie politique et du service public, officiellement pour anticiper un « désir de changement » de la présidente Samia Suluhu Hassan. Son départ intervient après plusieurs semaines marquées par des informations faisant état de désaccords au sommet de l’État.
Emmanuel Nchimbi part moins d’un an après sa nomination
Le vice-président a annoncé sur Instagram qu’il quitterait ses fonctions et prendrait sa « retraite de la vie politique et du service public » à partir du 4 septembre.
La présidente Samia Suluhu Hassan a accepté cette démission, selon un communiqué du porte-parole du gouvernement.
Emmanuel Nchimbi explique son choix par sa volonté d’anticiper un possible changement souhaité par la cheffe de l’État. Cette explication intervient alors que la presse locale avait récemment évoqué des tensions entre les deux dirigeants.
Début août, l’hebdomadaire Mwanahalisi avait fait état de désaccords entre le président et son vice-président ainsi que de pressions du CCM, le parti au pouvoir, pour obtenir le départ d’Emmanuel Nchimbi. Le média a été suspendu le 19 août.
Les informations disponibles ne permettent pas d’établir que ces désaccords sont directement à l’origine de la démission.
Un nouveau changement au sommet dix mois après la présidentielle
Le départ annoncé intervient un peu plus de dix mois après la réélection de Samia Suluhu Hassan.
Cette élection avait été suivie d’une répression meurtrière de la contestation. Le gouvernement avait fait état de 518 morts, tandis que l’opposition et des défenseurs des droits humains avançaient un bilan de 2 000 victimes.
Samia Suluhu Hassan dirige la Tanzanie depuis 2021, lorsqu’elle avait succédé à John Magufuli après le décès soudain de celui-ci. Présentée initialement comme une dirigeante réformatrice, elle avait engagé plusieurs gestes d’ouverture avant un durcissement du climat politique.
Le départ d’Emmanuel Nchimbi ouvre désormais une nouvelle séquence au sommet du pouvoir. À compter du 4 septembre, la Tanzanie devra composer avec le retrait de son vice-président moins d’un an après son arrivée à ce poste, alors que les raisons précises des tensions rapportées avec la présidente restent peu documentées.
