Samuel Eto’o fait face à une nouvelle plainte pour détournement présumé de fonds publics au Cameroun. Le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) est mis en cause dans la gestion financière de plusieurs matchs des Lions indomptables, mais a choisi de répondre aux révélations de RFI en critiquant directement la radio française.
Pourquoi Samuel Eto’o est-il visé par une nouvelle plainte ?
L’affaire a pris une nouvelle dimension le 15 octobre 2026, lorsque Radio France internationale (RFI) a révélé l’enregistrement d’une plainte devant le Tribunal criminel spécial (TCS) de Yaoundé.
La procédure émane de l’Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACFAC), représentée par Abdouraman Hamadou Babba. Elle concerne la gestion de fonds associés à quatre rencontres amicales disputées par la sélection nationale entre 2022 et 2023.
Les matchs concernés opposaient le Cameroun à l’Ouzbékistan, à la Corée du Sud, au Mexique et à la Russie.
L’association soupçonne un double financement de certaines dépenses. Selon elle, des frais pris en charge par les organisateurs des rencontres auraient également été financés par l’État camerounais, à la demande de la Fécafoot.
Ce mécanisme présumé soulève des interrogations sur l’utilisation des ressources publiques et la destination des sommes mobilisées.
La plainte aurait été déposée le 22 septembre 2026 avant son enregistrement au Tribunal criminel spécial. Toutefois, cette démarche ne signifie pas que les accusations sont établies.
Il appartient désormais aux autorités judiciaires compétentes de déterminer les suites à donner au dossier.
Quels sont les montants reprochés au président de la Fécafoot ?
Les interrogations financières concernent notamment le match amical disputé entre le Cameroun et la Russie, le 12 octobre 2023, à Moscou.
Le 10 septembre 2026, le quotidien britannique The Times a révélé l’existence de deux virements effectués par la Fédération russe de football.
Le premier portait sur 455 056 euros et le second sur 112 514 euros, soit un total de 567 570 euros, environ 372 millions de FCFA.
Selon les documents rapportés par The Times et Le Monde, ces sommes auraient été transférées vers un compte bancaire personnel de Samuel Eto’o à la Qatar National Bank, au Qatar, plutôt que directement vers celui de la Fécafoot.
Cette opération constitue l’un des principaux points de controverse.
La fédération camerounaise a cependant contesté les accusations de détournement. Elle explique que le recours à ce compte était lié aux difficultés rencontrées pour effectuer des transactions bancaires avec la Russie.
Selon ses responsables, les transferts avaient reçu les autorisations nécessaires et les fonds avaient ensuite rejoint les comptes de la fédération.
Ces explications sont contestées par plusieurs acteurs du football camerounais, qui réclament des justificatifs comptables.
Comment Samuel Eto’o a-t-il répondu aux révélations de RFI ?
La réaction de l’ancien capitaine des Lions indomptables ne s’est pas fait attendre.
Le 15 octobre 2026, quelques heures après la publication de l’article de RFI, Samuel Eto’o a pris la parole sur sa page Facebook.
Plutôt que de détailler les opérations financières contestées, le président de la Fécafoot a mis en cause la crédibilité de la radio française.
Il a notamment invité le média à examiner les pratiques de ses propres collaborateurs et a formulé des accusations graves visant certains consultants, sans les identifier.
Il a conclu sa publication par cette déclaration : « La crédibilité commence aussi par l’exemplarité ».
Les accusations formulées contre des collaborateurs du média ne sont pas établies par les éléments publiquement disponibles.
Cette prise de position s’inscrit dans une série de réactions de Samuel Eto’o aux controverses qui entourent sa gestion.
En septembre, il avait déjà dénoncé une campagne dirigée contre sa personne. La Fécafoot avait également évoqué une cabale médiatique.
Que risque Samuel Eto’o devant le Tribunal criminel spécial ?
Le Tribunal criminel spécial du Cameroun est compétent pour examiner certaines affaires de détournement de biens publics, notamment lorsque les montants concernés atteignent les seuils prévus par la législation.
Cependant, l’enregistrement d’une plainte ne constitue ni une inculpation automatique ni une condamnation.
À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’établit la culpabilité de Samuel Eto’o dans cette nouvelle affaire.
Le procureur général près le TCS devra apprécier les éléments transmis et déterminer si des investigations ou des poursuites sont justifiées.
L’enjeu dépasse néanmoins la seule responsabilité personnelle du président de la Fécafoot. Cette procédure soulève des questions sur la transparence financière de la fédération et les mécanismes de contrôle des fonds associés aux rencontres internationales.
Pour Samuel Eto’o, réélu à la tête de la Fécafoot en novembre 2025, cette nouvelle plainte intervient dans un climat de tensions persistantes autour de sa gouvernance.
La suite dépendra des investigations judiciaires et de la capacité des différentes parties à documenter les mouvements financiers contestés.
