Samuel Eto’o conserve la présidence de la Fédération camerounaise de football pour un nouveau mandat de quatre ans. La réélection est intervenue le 29 novembre 2025 lors de l’Assemblée générale élective organisée au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo. L’ancien capitaine des Lions indomptables a obtenu 85 voix sur 87, dans un scrutin sans concurrent. Cette reconduction arrive dans un climat de tension institutionnelle, alimenté par des échanges vifs entre la FECAFOOT et le ministère des Sports. Elle intervient aussi dans un contexte sportif difficile, marqué par des résultats en dessous des objectifs fixés au début du mandat précédent.
Un scrutin contesté et une bataille institutionnelle persistante
Le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, avait tenté de bloquer l’élection. Dans une lettre datée du 14 novembre, il demandait de « surseoir à l’élection » au motif d’un non-respect du cadre réglementaire. Il dénonçait aussi des suspensions jugées irrégulières et l’exclusion de plusieurs clubs du processus électoral. Cependant, le ministère de l’Administration territoriale a autorisé la tenue de l’Assemblée générale. La FECAFOOT a confirmé la présence de représentants de la FIFA et de la CAF. Elle a rappelé que les statuts de la FIFA interdisent toute intervention directe des autorités politiques dans les fédérations nationales.
Cette situation, par ailleurs, a ravivé les critiques sur les relations entre l’État et la FECAFOOT. Plusieurs acteurs du football évoquent un climat de défiance durable. D’autres y voient une clarification nécessaire entre autorités publiques et instances sportives. Toutefois, le débat reste ouvert.
Un mandat sous pression entre sanctions, tensions et défis sportifs
Samuel Eto’o entame ce nouveau mandat alors que plusieurs dossiers demeurent sensibles. Le 30 septembre 2024, la FIFA lui a infligé une suspension de six mois pour violation des articles 13 et 14 de son code disciplinaire. Cette sanction l’a tenu éloigné des rencontres officielles et a limité sa présence au plus haut niveau. Il doit aussi gérer les conséquences du différend avec Marc Brys, nommé sélectionneur par le ministère des Sports le 2 avril 2024. La fédération avait rejeté cette nomination, ce qui avait créé une période de tensions et de blocages.
Sur le terrain, en outre, les performances n’ont pas répondu aux attentes. Les Lions indomptables n’ont pas obtenu de qualification pour le Mondial 2026. Les équipes nationales ont connu une période difficile. Ainsi, Samuel Eto’o doit restaurer la confiance, apaiser les tensions institutionnelles et redonner au football camerounais une trajectoire ambitieuse.
