Levée des sanctions de la CEDEAO : le Mali brise le silence

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Levée des sanctions de la CEDEAO : le Mali brise le silence
Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali

La CEDEAO a levé lors de son sommet extraordinaire du 24 février 2024, ses sanctions contre les pays dirigés par des militaires. Lors d’une récente rencontre avec la presse russe, le chef de la diplomatie du Mali, Abdoulaye Diop, a exprimé une position ferme et sans équivoque sur les sanctions de la CEDEAO.

Un pied de nez aux sanctions de la CEDEAO

Abdoulaye Diop, lors de son entretien avec la presse russe, a clairement positionné le Mali face aux sanctions imposées par la CEDEAO, une organisation qu’il accuse d’être manipulée par des puissances étrangères. Refusant de commenter directement la levée des sanctions, Diop a plutôt choisi de critiquer l’organisation pour son rôle dans la déstabilisation de la région. « Je ne vais pas commenter une décision qui a été prise par une organisation à laquelle le Mali n’appartient pas », a déclaré le diplomate malien avant de continuer « Cette organisation est devenue un instrument entre les mains de certaines puissances qui cherchent à créer le désordre dans notre région et qui cherche à utiliser nos institutions pour pouvoir créer des problèmes aux pays voire des menaces puisque l’organisation a mis sur la table, une menace d’agression militaire contre un de ses États membres alors même qu’au sein de l’organisation, il y a un pacte de non-agression contre nous ».

« Mali a été sous sanctions pendant près de huit (08) mois. Un pays enclavé dont la population a été meutrie. Nos institutions banquaires ont été utilisées, nos fonds ont été confisqués au niveau de ses banques. Le Niger a vécu la même situation », a-t-il rappelé avant de poursuivre « nos institutions deviennent des armes contre nous-mêmes et constitutuent une menace. Nous n’allons pas continuer à juste dénoncer. Nous avons décider d’apporter aussi une réponse géopolitique en nous mettant ensemble avec un certains nombre de pays avec lesquels nous partageons les mêmes réalités, mais aussi, la même vision de solidarité entre les pays et d’établir les liens de fraternité, de respect mutuel et de nous mettre à l’abris de situation d’ingérence ». La décision de la CEDEAO de lever les sanctions contre les États dirigés par les militaires, ne fait donc aucun effet pour les pays de l’AES. On le voit aussi du côté nigérien où la frontière avec Bénin est toujours fermée malgré l’ouverture du côté béninois.

Vers une alliance sahélienne renforcée

Au-delà de la critique, le Mali semble déterminé à prendre des mesures concrètes pour contourner l’isolement imposé par la CEDEAO. En se rapprochant de la Russie et en travaillant au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali cherche à établir de nouvelles bases de solidarité, de respect mutuel et de protection contre l’ingérence étrangère. Cette orientation vers l’AES et la recherche de partenaires internationaux comme la Russie indiquent une stratégie géopolitique visant à diversifier les alliances et à renforcer l’autonomie régionale face aux pressions extérieures.

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