Guillaume Soro, ancien Premier ministre ivoirien, a récemment exprimé son opposition à l’éventuelle imposition de visas pour les ressortissants des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) au sein de la CEDEAO. Selon lui, cette mesure contredirait l’esprit d’union et de solidarité promu par les fondateurs de la CEDEAO et de l’Union africaine.
La position de Guillaume Soro et de son mouvement GPS
À l’occasion de sa réunion du samedi 06 juillet 2024, le cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) s’est intéressé à plusieurs sujets marquants de l’actualité socio-politique internationale et nationale, dont les sommets l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Guillaume Soro et son mouvement ont souligné que l’imposition de visas pour les ressortissants des pays de l’AES irait à l’encontre des principes fondamentaux de la CEDEAO et de l’Union africaine.
Lire ci-dessous la déclaration de GPS
« Le samedi 6 juillet 2024 à Niamey, les chefs d’Etat de l’AES ont décidé de franchir une étape supplémentaire vers une intégration plus poussée en donnant naissance à la Confédération des Etats du Sahel. Ce nouvel ensemble géopolitique ouest-africain a pour but, selon ses initiateurs, de permettre à ses membres de mutualiser leurs moyens dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’eau, l’énergie, les transports, la défense ainsi que la finance par la création d’une banque d’investissement de l’AES. Le Mali occupe la présidence de ladite organisation pour un an.
De leur côté, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réunis en sommet ordinaire à Abuja au Nigeria, le dimanche 7 juillet 2024, ont regretté cette décision qui fait planer, selon eux, “un risque de désintégration de la région ». Ils estiment qu’en se retirant de la CEDEAO, le Mali, le Niger et le Burkina Faso risquent l’isolement diplomatique et politique, la perte de millions d’euros en investissements et pourraient voir leurs ressortissants contraints d’obtenir des visas pour voyager dans la région.
GPS voudrait rappeler que la Côte d’Ivoire, terre d’accueil, abrite de longue date des communautés importantes de ressortissants de ces pays frères. GPS voudrait attirer l’attention des Chefs d’Etat de la CEDEAO, qu’instaurer un visa entre pays ouest-africains est contraire à l’esprit d’union, de fraternité et de solidarité prôné par les pères fondateurs l’organisation sous-régionale et de l’Union africaine.
GPS fait remarquer que se retirer de la CEDEAO pour intégrer un autre espace géopolitique plus conforme à ses aspirations est un choix souverain. Ce choix a déjà été opéré par la Mauritanie en 2000, qui a quitté la CEDEAO pour intégrer l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Malgré ce départ, la coopération entre les deux parties continue notamment par le biais d’un Accord d’association d’une part et par la signature d’accords bilatéraux d’autre part.
Brandir la menace d’imposer des entraves à la libre circulation des personnes est contreproductif et constitue des procédés inamicaux qui ont justement poussé ces pays à acter leur retrait de la CEDEAO. Le recours systématique aux menaces d’emploi de la force, aux sanctions politiques, diplomatiques, économiques, financières, et les tentatives d’étranglement par des blocus terrestres et aériens ont pourtant fait la preuve de leur échec.
C’est pourquoi, GPS appelle les dirigeants de la CEDEAO à savoir raison garder face à cette nouvelle donne géopolitique avec laquelle il faudra désormais compter, tout en privilégiant la voie de la discussion et du dialogue pour mettre en place les mécanismes d’un cadre de collaboration et de coopération avec la Confédération des Etats du Sahel ».
Notons qu’il n’y avait aucune mention de l’imposition de visas dans le communiqué final du sommet de la CEDEAO.