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Crash de Kenge : 17 morts et une enquête sous pression

Le crash de Kenge, qui a fait 17 morts le 25 septembre 2026, plonge la RDC dans le deuil et soulève de lourdes questions sur la sécurité aérienne. Deux figures majeures de la justice militaire figurent parmi les victimes, tandis que plusieurs enquêtes doivent encore établir les causes précises de l’accident.

Le crash de Kenge emporte deux hauts magistrats militaires

L’appareil de la compagnie Tracep Congo Aviation effectuait une liaison entre Kikwit et Kinshasa lorsqu’il s’est écrasé à Kenge, chef-lieu du Kwango. Le bilan officiel fait état de 17 morts, soit 13 passagers et quatre membres d’équipage. Aucun survivant n’a été signalé.

Parmi les victimes figurent le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC. Les deux responsables revenaient d’une mission de service à Kikwit. Leur disparition frappe simultanément deux postes clés de la justice militaire congolaise.

Selon les premières autorités locales interrogées après le drame, l’appareil aurait rencontré un problème en vol. Le pilote aurait effectué plusieurs tours au-dessus de Kenge à la recherche d’un endroit où se poser avant le crash dans une parcelle du quartier Manzau. « Il cherchait par où atterrir, il n’a pas pu », a déclaré le vice-gouverneur Rémy Saki. Aucune victime au sol n’a été recensée.

Les causes de l’accident restent à déterminer

Les premières heures ont été marquées par des informations contradictoires. Le bilan initial évoquait 13 morts, puis 14, avant que les autorités ne retiennent officiellement 17 victimes. Des données publiées par Tryphon Kin-Kiey Mulumba, président du conseil d’administration de la Régie des voies aériennes, faisaient par ailleurs état de 16 personnes à bord.

Ces écarts renforcent la nécessité d’une reconstitution précise du vol. La cause technique du crash n’est pas encore établie. Certaines premières déclarations évoquent une difficulté en vol, mais aucun rapport d’enquête n’a, à ce stade, confirmé une panne précise.

Le ministère de la Justice a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire préliminaire. Elle doit « établir les faits, les circonstances et les causes » de l’accident. Le Premier avocat général des FARDC le plus ancien a été chargé de cette procédure, alors que l’Auditeur général est lui-même décédé dans le crash.

Tracep suspendue après un deuxième crash en deux mois

Le gouvernement a également réagi sur le plan administratif. Le ministre des Transports Jean-Pierre Bemba a ordonné le retrait immédiat du certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation, suspendant ses activités sur l’ensemble du territoire.

Cette décision intervient avant même les conclusions du Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation. Elle s’explique notamment par un précédent accident impliquant la même compagnie en juillet 2026 à Walikale, dans le Nord-Kivu, où un pilote avait perdu la vie. Tracep connaît ainsi deux crashs en environ deux mois.

La suspension ne permet toutefois pas, à elle seule, d’attribuer la responsabilité de l’accident à la compagnie. L’état de l’appareil, sa maintenance, la conduite du vol, les communications avec le contrôle aérien et les infrastructures disponibles font partie des éléments que les enquêteurs devront examiner.

L’ancien aérodrome de Kenge alimente désormais la polémique

Au-delà de l’avion, le drame ravive un débat sur les infrastructures aériennes du Kwango. La société civile provinciale demande une enquête sur la désaffectation et la vente présumée de l’ancien aérodrome de Kenge, qui aurait eu lieu il y a environ huit ans. Elle réclame que les autorités vérifient la procédure suivie et les conditions de cette éventuelle cession.

La société civile estime qu’un aéroport opérationnel aurait renforcé les possibilités d’atterrissage d’urgence dans cette zone proche de Kinshasa. Cette hypothèse ne permet cependant pas d’affirmer qu’une piste à Kenge aurait évité le crash. Seule l’enquête pourra déterminer si l’absence d’infrastructure a joué un rôle concret.

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national et la mise en berne des drapeaux jusqu’à l’inhumation des victimes. Mais après le temps du recueillement vient celui des réponses : pourquoi l’appareil a-t-il quitté sa trajectoire, quelles étaient ses conditions techniques et quelles responsabilités peuvent réellement être établies ?

Jacqueline OGOUBEYI
Jacqueline OGOUBEYI
Je me nomme Jacqueline OGOUBEYI, je suis journaliste et Rédactrice. J'aime beaucoup la danse, les voyages et la musique. Je m'engage à partager des informations vérifiées sur des sujets ayant trait à la société, le divertissement, la politique.
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