AccueilActualitésEngrais en Algérie : le complexe d’Oued Kebrit entre en chantier

Engrais en Algérie : le complexe d’Oued Kebrit entre en chantier

L’Algérie a lancé la construction du complexe d’engrais d’Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Cette installation constitue l’un des principaux maillons du projet intégré de phosphate, qui doit relier extraction minière, transformation chimique et exportation.

Oued Kebrit doit produire près de 3 millions de tonnes d’engrais

La première pierre du complexe de transformation chimique du phosphate et de production d’engrais a été posée le 24 septembre 2026 à Oued Kebrit. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, ainsi que des ministres des Travaux publics et des Mines.

Selon Sonatrach, le site doit accueillir plusieurs unités capables de produire chaque année 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 570 000 tonnes d’engrais azotés sous forme d’urée. Le complexe fabriquera également des produits intermédiaires nécessaires à cette chaîne industrielle, notamment de l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique et de l’ammoniac.

La construction est confiée à l’entreprise italienne Saipem dans le cadre d’un contrat EPC, qui regroupe l’ingénierie, les achats et la construction. Des filiales de Sonatrach, dont SARPI, GCB et GTP, participent également aux travaux.

Le phosphate de Tébessa alimentera le complexe d’engrais

Oued Kebrit ne constitue qu’une partie d’une chaîne industrielle plus large. Le phosphate doit provenir du gisement de Bled El Hadba, près de Bir El Ater, dans la wilaya de Tébessa. La première phase prévoit une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes de phosphate brut par an. Après enrichissement, la production doit atteindre 3,2 millions de tonnes de phosphate concentré.

Les travaux de ce pôle minier ont eux aussi franchi une nouvelle étape en septembre. Le minerai enrichi sera ensuite acheminé vers Oued Kebrit afin d’être transformé en produits à plus forte valeur ajoutée.

Cette organisation permet à l’Algérie de ne plus limiter l’exploitation de ses ressources minières à l’extraction ou à l’exportation de matières premières. Le projet vise à intégrer davantage d’étapes industrielles sur le territoire national, depuis la mine jusqu’à l’engrais fini.

Le port d’Annaba complète la chaîne d’exportation

Le troisième maillon se situe à Annaba. Les autorités ont lancé le 23 septembre les travaux d’installations portuaires liées au projet intégré de phosphate. Ces équipements doivent permettre de réceptionner puis de charger le phosphate enrichi, les engrais et les produits connexes destinés aux marchés algérien et étranger.

Sonatrach a confié cette composante portuaire à China Harbour Engineering Company dans le cadre d’un second contrat EPC signé en août. L’objectif est de disposer d’une chaîne reliant directement la mine de Tébessa aux installations chimiques de Souk Ahras puis au port d’Annaba.

Cette infrastructure s’appuie également sur le développement de la ligne ferroviaire minière de l’Est. Le tracé reliant Annaba, Souk Ahras, Tébessa et Bled El Hadba s’étend sur environ 422 kilomètres, selon le ministère algérien des Travaux publics.

L’Algérie veut développer ses exportations hors hydrocarbures

Le projet répond d’abord aux besoins du marché agricole algérien. Sonatrach prévoit toutefois que les volumes excédentaires d’engrais soient exportés via Annaba. Le groupe présente ainsi le programme comme un moyen de renforcer à la fois la sécurité alimentaire et les exportations à plus forte valeur ajoutée.

L’enjeu dépasse donc la seule construction d’une usine. L’Algérie cherche à développer une filière complète autour du phosphate tout en réduisant le poids relatif des hydrocarbures dans ses revenus extérieurs.

Le calendrier reste néanmoins un point central. Les autorités avaient indiqué en juin viser les premières opérations de production, de commercialisation et d’exportation de phosphate et de ses dérivés à partir du premier trimestre 2027. Le respect de cette échéance dépendra désormais de l’avancement simultané de la mine, du complexe chimique, du chemin de fer et des infrastructures portuaires.

Leonce HOUNLIHO
Leonce HOUNLIHO
Passionné du sport et de l'actualité people, Léonce HOUNLIHO a découvert le domaine des relations internationales, il l'a saisi et ne la lâchera plus jamais !
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