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PME au Bénin : « Les entrepreneurs ont de très bonnes idées, mais ne sont pas toujours prêts à aller voir une banque », Dasha Dougans

Les PME au Bénin ne manquent pas nécessairement d’idées, mais beaucoup doivent encore se structurer avant de pouvoir convaincre une banque. C’est le constat au cœur de la nouvelle offre de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui mise autant sur le conseil que sur le financement pour renforcer le secteur privé béninois.

La BERD veut rendre les PME au Bénin plus « bancables »

La BERD a officiellement lancé son programme de soutien aux PME le 9 septembre 2026 à Cotonou. Plus de 100 représentants d’entreprises, de banques commerciales, d’associations professionnelles, d’institutions publiques et d’organismes de financement du développement ont participé à l’événement. L’objectif est d’aider les entreprises béninoises à gagner en compétitivité, à se structurer et à mieux accéder aux capitaux.

Pour Dasha Dougans, directrice pays de la BERD au Bénin, le problème ne se limite justement pas à l’argent. « L’accès au financement est un obstacle dont tout le monde parle. Mais l’accès à la bonne expertise, aux bons outils et aux bons systèmes est tout aussi important », a-t-elle souligné.

L’enjeu est donc de préparer davantage les entrepreneurs au financement bancaire. Une bonne idée commerciale ne suffit pas toujours. Une PME doit aussi disposer d’une gestion financière crédible, d’une gouvernance suffisamment solide, d’une stratégie claire et, selon son activité, d’outils numériques ou de processus internes adaptés.

Conseil, financement et écosystème au cœur du dispositif

La stratégie présentée au Bénin repose sur trois axes. Le premier concerne le financement, notamment à travers les institutions financières locales. Le deuxième porte sur l’assistance technique aux entreprises. Enfin, la BERD entend agir sur l’écosystème entrepreneurial afin d’améliorer l’environnement dans lequel évoluent les PME.

L’accompagnement technique occupe une place importante. Avec son programme Advisory Support for Businesses, la banque prévoit de mettre les entreprises en relation avec des consultants locaux et internationaux. Ces experts pourront intervenir sur la stratégie, les ressources humaines, le marketing, la digitalisation ou encore la gestion. Une partie du coût de ces missions doit être subventionnée par la BERD, tandis que les PME participantes en financeront également une part.

L’institution déploie aussi au Bénin ses programmes Blue Ribbon, destiné aux entreprises à fort potentiel, et Star Venture, tourné vers les start-up innovantes à forte croissance. L’idée reste la même : accompagner les entreprises avant et pendant leur recherche de capitaux plutôt que de considérer le crédit comme une réponse isolée.

L’accès au crédit reste pourtant un obstacle majeur

Mettre l’accent sur la structuration des entreprises ne signifie pas que le déficit de financement a disparu. Selon les données de l’Enterprise Survey 2024 de la Banque mondiale reprises par la presse béninoise, 41,9 % des entreprises interrogées identifient l’accès au financement comme leur principal obstacle. Cette proportion grimpe à 48,4 % parmi les petites entreprises, dont 28 % disposent d’un prêt bancaire.

La BERD entend donc intervenir également du côté des banques. Elle peut apporter des ressources aux établissements financiers locaux afin qu’ils prêtent ensuite aux PME. Son offre comprend notamment un mécanisme de partage des risques sur certains crédits accordés aux entreprises ainsi que des solutions destinées au financement des besoins en fonds de roulement dans les chaînes d’approvisionnement.

La responsable PME de la BERD au Bénin, Jessica Gaba, résume cette logique par une progression. L’assistance technique doit d’abord permettre à certaines entreprises d’atteindre un niveau de maturité suffisant. « Lorsqu’une entreprise est bien accompagnée techniquement, elle peut ensuite avoir accès au financement », explique-t-elle.

Le Bénin devient un nouveau terrain d’intervention de la BERD

Cette offensive en faveur des PME intervient peu après l’arrivée opérationnelle de la BERD dans le pays. Le Bénin est devenu actionnaire de l’institution en 2024, puis officiellement pays d’opération en juillet 2025. La banque concentre désormais son action sur les infrastructures durables, la modernisation des entreprises et le renforcement des institutions économiques.

Dasha Dougans considère les PME comme un maillon central de cette stratégie. Elles sont actives dans l’agro-industrie, les services, le tourisme, l’hôtellerie, la logistique, la production ou encore les technologies numériques. Selon la responsable, elles jouent également un rôle majeur dans la création d’emplois et la résilience de l’économie béninoise.

Le gouvernement béninois soutient cette approche. La ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Awaou Baco, estime que la combinaison du financement, du conseil et de l’accompagnement répond aux besoins des entreprises. Le véritable test viendra toutefois de la mise en œuvre : combien de PME seront effectivement accompagnées, combien deviendront éligibles au crédit et quels volumes de financement seront finalement mobilisés. La BERD n’a pas annoncé, lors du lancement, d’enveloppe globale permettant encore de mesurer l’ampleur financière du programme.

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