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Olu Jacobs est mort à 84 ans : Nollywood perd l’une de ses légendes

Le cinéma nigérian perd l’un de ses visages les plus emblématiques. Olu Jacobs est mort mercredi 16 septembre 2026 à l’âge de 84 ans, après plus de cinq décennies d’une carrière qui l’a mené des scènes britanniques aux grandes productions de Nollywood.

La famille d’Olu Jacobs confirme sa mort à 84 ans

Oludotun Baiyewu Jacobs, plus connu sous le nom d’Olu Jacobs, est décédé le 16 septembre. L’annonce a été faite par son épouse, l’actrice Joke Silva, et leur fils Olusoji Jacobs. La famille a ainsi confirmé une information particulièrement sensible après plusieurs fausses annonces de décès qui avaient circulé ces dernières années.

Dans son message, la famille a rendu hommage à celui qu’elle surnommait le « Lion of Lufodo ». Elle a annoncé sa disparition « avec gratitude envers Dieu pour une vie bien vécue et un combat bien mené », tout en demandant aux blogueurs et aux utilisateurs des réseaux sociaux de respecter son intimité pendant la période de deuil.

Le président nigérian Bola Tinubu a également réagi. Il a décrit Olu Jacobs comme « un géant de l’industrie créative nigériane » et estimé que sa disparition constituait une grande perte pour le Nigeria et le cinéma africain.

De Kano aux scènes et écrans britanniques

Olu Jacobs est né le 11 juillet 1942 à Kano, dans le nord du Nigeria, au sein d’une famille originaire d’Abeokuta, dans l’actuel État d’Ogun. Son intérêt pour le théâtre se développe très tôt. Une représentation du célèbre dramaturge et acteur nigérian Hubert Ogunde aurait notamment conforté son désir d’en faire son métier.

Il part en Grande-Bretagne en 1964 et étudie à la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art (RADA), à Londres. Sa carrière ne commence donc pas à Nollywood. Avant de devenir une star au Nigeria, Olu Jacobs acquiert une solide expérience dans le théâtre et la télévision britanniques.

Il apparaît notamment dans The Goodies, The Professionals ou encore The Tomorrow People. Le cinéma international lui ouvre également ses portes avec des films comme The Dogs of War, Baby: Secret of the Lost Legend et Pirates. Cette expérience à l’étranger contribuera ensuite à façonner son approche très professionnelle du métier d’acteur.

Une figure majeure de l’essor de Nollywood

De retour au Nigeria, Olu Jacobs devient progressivement l’un des acteurs les plus respectés de l’industrie audiovisuelle nationale. Sa voix grave, sa diction et sa présence à l’écran le rendent particulièrement identifiable. Il incarne souvent des rois, des patriarches, des responsables politiques ou d’autres personnages d’autorité.

Sa filmographie nigériane dépasse la centaine de productions, selon Premium Times. En 2007, son rôle dans Dancing Heart lui vaut l’Africa Movie Academy Award du meilleur acteur dans un rôle principal. Il reçoit ensuite l’Industry Merit Award des Africa Magic Viewers’ Choice Awards en 2013, puis un prix pour l’ensemble de sa carrière aux Africa Movie Academy Awards en 2016.

L’État nigérian avait déjà reconnu son apport aux arts en lui attribuant, en 2011, la distinction de Member of the Order of the Federal Republic (MFR). Avec Joke Silva, son épouse depuis 1985, il a également cofondé le Lufodo Group et participé à la formation de nouvelles générations d’artistes à travers la Lufodo Academy of Performing Arts.

Ses dernières années marquées par la maladie

Olu Jacobs s’était progressivement éloigné des plateaux et des apparitions publiques. En 2021, Joke Silva avait révélé que son mari souffrait de démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative qui peut notamment affecter les capacités cognitives, le comportement et les mouvements.

Son état de santé avait alimenté à plusieurs reprises de fausses rumeurs sur sa mort. En 2024 encore, sa famille avait dû démentir une annonce largement relayée sur les réseaux sociaux. Cette fois, la confirmation est venue directement de ses proches.

La disparition d’Olu Jacobs referme ainsi un chapitre important de l’histoire du cinéma nigérian. Son parcours relie le théâtre britannique, le cinéma international et l’essor spectaculaire de Nollywood, dont il restera l’une des figures fondatrices les plus reconnaissables.

Jacqueline OGOUBEYI
Jacqueline OGOUBEYI
Je me nomme Jacqueline OGOUBEYI, je suis journaliste et Rédactrice. J'aime beaucoup la danse, les voyages et la musique. Je m'engage à partager des informations vérifiées sur des sujets ayant trait à la société, le divertissement, la politique.
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