Une visite de députés du parti « Les Démocrates » à la prison civile d’Akpro-Missérété pour voir l’ex-ministre Reckya Madougou, détenue dans l’établissement, a suscité une polémique. Ils ont été empêchés de la voir. Le Directeur de l’agence pénitentiaire a réagi à cette polémique, mettant en lumière les irrégularités de la visite et rappelant les règles régissant l’accès aux détenus. Cette réaction a ravivé le débat sur les droits des détenus et les limites des visites parlementaires.
Quid de la visite en question
Le mercredi 27 mars 2024, un groupe de députés du parti « Les Démocrates » s’est rendu à la prison civile d’Akpro-Missérété pour visiter Madame Reckya Madougou, détenue dans l’établissement. Cependant, leur accès à la prison a été refusé. L’avocat de la prisonnière a fait une sortie pour dénoncer le mauvais traitement de sa cliente dans la maison pénitentiaire. Ce qui a ravivé les débats dans l’opinion publique.
Le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Mario Mètonou, a indiqué que la visite de députés à titre individuel à Reckya Madougou ne posait aucun problème. Mais, la démarche collective du groupe de députés démocrates a enfreint les règles établies, des mesures instaurées durant la pandémie de coronavirus et toujours en vigueur à ce jour.
Réaction du Directeur de l’agence pénitentiaire
Dans un communiqué officiel, le Directeur de l’agence pénitentiaire du Bénin a réagi à cet incident, soulignant que Reckya Madougou, incarcérée pour des infractions de droit commun, n’était soumise à aucune restriction de visite. Elle bénéficie régulièrement de la visite de ses avocats et de ses proches désignés, conformément aux règles pénitentiaires. Cependant, il a précisé que les députés n’étaient pas autorisés à visiter la prison sans un motif légitime tel que prévu par la loi.
« Les députés concernés n’étant pas en mission d’information ou d’enquête parlementaire telle que prévue par l’article 36 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, aucune visite collective dans un établissement pénitentiaire n’était de droit. Par conséquent, les libertés prises avec le règlement intérieur type des établissements pénitentiaires, induiront des mesures disciplinaires adéquates », précise le communiqué.
Cette réaction du Directeur de l’agence pénitentiaire a ravivé le débat sur les droits des détenus et les limites des visites parlementaires. Certains soutiennent que les députés ont le devoir de surveiller les conditions de détention et de défendre les droits des détenus, tandis que d’autres estiment que les visites parlementaires doivent être strictement encadrées pour éviter les abus et les perturbations dans les établissements pénitentiaires.
