Le Parlement sénégalais a adopté le 11 mars 2026 une loi qui renforce nettement les sanctions contre les relations homosexuelles. Les « actes contre nature », terme utilisé dans le code pénal, seront désormais punis de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant. Le texte prévoit aussi de lourdes amendes et des sanctions visant la promotion de l’homosexualité. La mesure, portée par le gouvernement, intervient dans un climat de tensions et de débats intenses dans le pays. Explications.
Des peines doublées et de nouvelles sanctions
La réforme constitue l’un des changements les plus marquants de la législation sénégalaise sur cette question. La nouvelle loi double les peines prévues pour les relations entre personnes de même sexe.
Les contrevenants risquent désormais cinq à dix ans d’emprisonnement. Les amendes sont également relevées. Elles peuvent atteindre deux à dix millions de francs CFA, alors qu’elles variaient auparavant entre 100 000 et 1,5 million de francs CFA.
Le texte introduit également des sanctions pénales contre la promotion ou le financement de l’homosexualité. La peine maximale peut être appliquée lorsque l’infraction concerne un mineur. Une disposition prévoit aussi des sanctions pour toute dénonciation abusive faite de mauvaise foi, afin d’éviter les accusations infondées.
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Une initiative portée par le gouvernement
Le projet de loi a été défendu par le gouvernement sénégalais et soutenu par la majorité parlementaire. Le Premier ministre Ousmane Sonko a lui-même revendiqué l’initiative du texte lors de sa présentation devant les députés.
Dans le pays, la répression de l’homosexualité est devenue un sujet politique sensible. La question revient régulièrement dans le débat public et bénéficie d’un large soutien dans une partie de l’opinion.
Plusieurs responsables politiques justifient ce durcissement par la volonté de préserver les valeurs sociales et culturelles du Sénégal, un pays majoritairement musulman.

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Un climat tendu depuis plusieurs arrestations
La loi intervient dans un contexte marqué par plusieurs arrestations survenues début février. Plusieurs dizaines de personnes soupçonnées d’homosexualité ont été interpellées, dont certaines personnalités locales.
Ces affaires ont suscité une forte couverture médiatique et ravivé les tensions autour du sujet. Certaines accusations évoquent aussi la transmission volontaire du VIH, ce qui a contribué à alimenter les débats dans l’espace public.
Des spécialistes de santé publique s’inquiètent toutefois d’un possible amalgame entre homosexualité et VIH. Des responsables de la lutte contre le sida au Sénégal craignent que la stigmatisation actuelle fragilise les efforts engagés depuis des décennies pour contrôler l’épidémie. Le texte adopté doit désormais être promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye pour entrer officiellement en vigueur.
