L’artiste béninois Vano Baby a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux après une réponse jugée brutale, mais lucide, à un fan qui l’encourageait à poursuivre sa carrière dans le rap. En quelques mots, le chanteur a mis en lumière une réalité que beaucoup préfèrent éviter, relançant ainsi la discussion sur la viabilité économique du rap au Bénin.
Une réponse cash qui relance le débat
Tout est parti d’un échange en ligne. Un admirateur invite Vano Baby à continuer avec le rap, convaincu de son talent. Cependant, la réponse de l’artiste surprend par sa franchise : « Montre-moi la maison de 3 grands rappeurs du BÉNIN de ces 20 dernières années… ». Cette phrase, simple en apparence, a résonné comme un coup de tonnerre.
Par cette sortie, Vano Baby ne remet pas en cause la valeur artistique du rap béninois. En revanche, il pointe une difficulté majeure : la précarité financière qui accompagne souvent ce genre musical. Ainsi, malgré la visibilité, les applaudissements et la reconnaissance du public, peu de rappeurs parviennent réellement à transformer leur succès en stabilité matérielle.
De plus, cette déclaration a rapidement divisé les internautes. Certains ont salué le courage de l’artiste, estimant qu’il fallait enfin dire les choses clairement. D’autres, en revanche, ont jugé ses propos décourageants pour la jeune génération qui rêve de percer dans le rap.
Le rap béninois face à la réalité économique
En réalité, Vano Baby n’est pas le premier à soulever ce problème. Avant lui, l’artiste Blaaz avait déjà résumé la situation avec une formule devenue célèbre : dans le rap, on récolte surtout des « tu es fort ». Autrement dit, la reconnaissance symbolique dépasse souvent les retombées financières.
Par ailleurs, même au-delà du Bénin, ce constat se retrouve ailleurs en Afrique. Didi B, figure majeure du rap ivoirien, l’a lui-même reconnu dans un morceau marquant : « Je peux rapper fort mais y a pas l’argent dedans ». Cette phrase souligne que le rap, bien qu’influent culturellement, reste un pari risqué sur le plan économique.
Ainsi, la sortie de Vano Baby agit comme un électrochoc. Elle invite les artistes à réfléchir à la diversification, à la structuration de l’industrie musicale et aux modèles économiques viables. En définitive, cette vérité peut déranger, mais elle ouvre aussi la voie à un débat nécessaire pour l’avenir du rap béninois.
