Au Togo, la liberté d’expression est de nouveau au cœur des débats après la condamnation de deux jeunes élèves à six mois de prison avec sursis. Leur crime ? Avoir exprimé leur mécontentement à l’égard du président Faure Gnassingbé dans une vidéo publiée sur TikTok.
Des jeunes condamnés pour outrage envers le président
Le tribunal de Grande Instance de Lomé a rendu un verdict controversé en condamnant deux jeunes élèves, Koffi Waze et Abiou Fousseni, à six mois de prison avec sursis pour outrage envers les représentants de l’autorité publique. Leur crime ? Avoir critiqué le président Faure Gnassingbé dans une vidéo TikTok où ils exprimaient leur désaccord avec le changement de la constitution et déploraient la gouvernance économique du gouvernement.
Les avocats des jeunes condamnés dénoncent un « pur forçage juridique », affirmant que leurs propos ne constituent en aucun cas un outrage envers le président. Me Elom Koffi Kpade, avocat des deux jeunes, souligne que leur vidéo ne faisait que « dire tout haut ce que pense la majorité du peuple ». Selon lui, cette condamnation est une atteinte à la liberté d’expression et illustre la restriction des libertés fondamentales dans le pays.
Une affaire qui soulève des questions sur la liberté d’expression
L’affaire des deux jeunes condamnés suscite l’indignation de la société civile et des organisations de défense des droits de l’homme au Togo. Pour l’ONG Tournons la page, cette condamnation illustre la répression croissante de la liberté d’expression dans le pays. Son coordinateur, David Dosseh, déclare que « cette affaire illustre la restriction des libertés fondamentales dans le pays » et soutient que le message des deux jeunes reflète les préoccupations de la majorité de la population.
Me Elom Koffi Kpade, l’avocat des deux jeunes, suggère que cette condamnation pourrait servir d’exemple pour dissuader d’autres jeunes de critiquer le président. Il souligne que si critiquer le chef de l’État est considéré comme un outrage, alors « tous les huit millions de Togolais que nous sommes nous retrouverons en prison ». Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre le pouvoir en place et la population, ainsi que les défis auxquels est confrontée la liberté d’expression au Togo.
