Le conflit soudanais menace de déborder plus profondément sur le territoire tchadien. Ndjamena accuse l’armée soudanaise d’avoir mené des frappes de drones dans l’est du Tchad, après la fuite d’un convoi lié aux Forces de soutien rapide. Des images satellites montreraient des traces de frappes à près de 90 kilomètres de la frontière, tandis que l’armée tchadienne a relevé son niveau d’alerte au maximum.
Un convoi de près de 200 véhicules pris pour cible
L’épisode aurait commencé avec un convoi de ravitaillement venu de Libye pour renforcer les FSR au Soudan. Selon les forces communes alliées à l’armée soudanaise, cette colonne comptait près de 200 véhicules.
Grâce à des renseignements obtenus sur son déplacement, l’armée soudanaise et ses alliés auraient intercepté le convoi près du triangle frontalier.
Environ 70 véhicules transportant des combattants auraient été bombardés. Une trentaine d’autres auraient été récupérés par les forces communes et des dizaines de combattants des FSR capturés.
Une partie des véhicules restants aurait alors fui vers le Tchad. Jeudi soir, vers 20 heures, des drones attribués au gouvernement soudanais auraient poursuivi leurs frappes de l’autre côté de la frontière.
Des images satellites citées par la source montrent des taches noires à près de 90 kilomètres à l’intérieur du territoire tchadien, dans une zone du département de Mourdi.
L’armée soudanaise n’a pas répondu aux accusations formulées par Ndjamena.
Ndjamena place son armée au plus haut niveau d’alerte
La frontière entre le Tchad et le Soudan a déjà connu plusieurs épisodes de violence liés au conflit soudanais. Cette opération représenterait toutefois l’incursion de drones de Khartoum la plus profonde signalée au Tchad.
Ces frappes s’inscrivent dans une offensive contre les voies utilisées pour ravitailler les FSR au Darfour et au Kordofan. Les attaques visant ces lignes se sont multipliées au cours des deux dernières semaines.
Lundi 24 août au matin, Nyala, où se trouve le gouvernement parallèle établi par les FSR, a également été visée par des drones.
Pour Ndjamena, l’enjeu dépasse désormais les combats qui se déroulent de l’autre côté de la frontière. L’armée tchadienne a été placée au niveau d’alerte le plus élevé et affirme être prête à « riposter énergiquement à toute menace ».
Si l’implication de l’armée soudanaise dans les frappes au Tchad est dénoncée par Ndjamena, Khartoum garde pour l’heure le silence. La profondeur de l’incursion présumée fait désormais craindre une extension territoriale des conséquences de la guerre soudanaise.
