L’ancien président du Sénat de la République démocratique du Congo (RDC), Alexis Thambwe Mwamba, a été libéré vendredi 23 octobre 2026 après plusieurs heures de détention à Kinshasa. De nouveau convoqué samedi par les services de sécurité, cet ancien proche de Joseph Kabila serait interrogé au sujet du renouvellement de son passeport diplomatique.
Alexis Thambwe Mwamba arrêté puis libéré à Kinshasa
L’interpellation d’Alexis Thambwe Mwamba est intervenue vendredi matin à son domicile de Ma Campagne, à Kinshasa. Selon plusieurs médias congolais, plus de 30 militaires auraient participé à l’opération, menée aux premières heures de la journée.
L’ancien président de la chambre haute du Parlement aurait ensuite été conduit dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense (CNC), une structure rattachée à la présidence congolaise.
Dans la soirée, une vingtaine d’agents du CNC ont également procédé à une perquisition à la villa Mwamini, sa résidence située dans le quartier Joli-Parc, dans la commune de Ngaliema.
Après plusieurs heures passées aux mains des services de sécurité, Alexis Thambwe Mwamba a finalement retrouvé sa liberté aux alentours de 21 heures.
Cette remise en liberté n’a toutefois pas mis fin à la procédure. Dès le lendemain, samedi 24 octobre, l’ancien responsable politique a reçu une nouvelle convocation du Conseil national de cyberdéfense.
Les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué publiquement les conclusions de cette première journée d’audition.
Un passeport diplomatique au cœur de son interpellation
Selon les explications fournies par son avocat, Me Laurent Onyemba, l’affaire concernerait l’obtention d’un passeport diplomatique auprès du ministère congolais des Affaires étrangères.
Les services de sécurité reprocheraient à Alexis Thambwe Mwamba d’avoir obtenu des documents de voyage sans autorisation préalable de l’Agence nationale de renseignements (ANR).
Sa défense présente cependant une autre version des faits.
D’après ses avocats, l’ancien président du Sénat avait officiellement sollicité le renouvellement de son passeport diplomatique auprès de la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Cette demande aurait été motivée par son statut d’ancien président de la chambre haute du Parlement, une fonction qui lui permettrait, selon sa défense, de bénéficier de ce document.
L’affaire concernerait également Ulrich Manono, ancien collaborateur d’Alexis Thambwe Mwamba devenu cadre au ministère des Affaires étrangères. Celui-ci aurait été interpellé dans le cadre du même dossier.
À ce stade, aucune décision judiciaire publique ne permet d’établir une irrégularité dans la délivrance du passeport.
Une nouvelle convocation contestée par son avocat
La nouvelle convocation d’Alexis Thambwe Mwamba soulève également des interrogations sur les conditions de son audition.
Son avocat, Laurent Onyemba, affirme que son client a été sommé de se présenter samedi devant le Conseil national de cyberdéfense sans assistance judiciaire.
Une situation que la défense dénonce, estimant que l’ancien président du Sénat doit pouvoir bénéficier des garanties prévues par la procédure.
L’interpellation a également provoqué des réactions dans la classe politique congolaise.
Le sénateur Salomon Kalonda, proche de l’opposant Moïse Katumbi, a dénoncé une arrestation qu’il considère comme arbitraire. Il a notamment critiqué le déploiement sécuritaire visant un ancien responsable politique âgé de plus de 80 ans.
L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a également exprimé ses préoccupations concernant le respect des droits de la défense.
Les circonstances précises de la procédure restent néanmoins à éclaircir, notamment les éventuels fondements juridiques des mesures prises par les services de sécurité.
Quel lien avec Joseph Kabila et les tensions politiques en RDC ?
Alexis Thambwe Mwamba demeure une personnalité importante de l’ancien régime de Joseph Kabila.
Ancien ministre de la Justice, il avait été élu président du Sénat en 2019 avant de démissionner en février 2021, dans un contexte de rupture entre les camps de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi.
Son interpellation intervient alors que les tensions politiques et sécuritaires restent importantes en RDC.
Certaines spéculations ont évoqué ses récents déplacements à Kindu, dans la province du Maniema, ainsi que de supposés contacts avec des mouvements hostiles au pouvoir.
Toutefois, les informations communiquées par sa défense orientent actuellement le dossier vers la question du passeport diplomatique, et non vers une implication démontrée dans une rébellion.
Aucun élément public vérifié ne permet, à ce stade, d’établir un lien entre son interpellation et d’éventuelles activités de Joseph Kabila.
L’évolution de cette affaire dépendra désormais des explications des autorités compétentes et des suites données à la nouvelle convocation de l’ancien président du Sénat.

