La police guinéenne a annoncé le démantèlement d’un réseau présumé de vol et de revente de véhicules à Conakry, avec quatre suspects interpellés et trois voitures récupérées. Présentés le vendredi 23 octobre 2026 au commissariat central de Sonfonia, les mis en cause sont soupçonnés d’avoir participé à plusieurs vols dans la capitale.
Un vol de Toyota Hilux à Lambanyi déclenche l’enquête
L’affaire débute le 4 octobre 2026, lorsqu’un pharmacien résidant à Lambanyi, dans la capitale guinéenne, dépose une plainte après la disparition de son véhicule Toyota Hilux double cabine.
La victime remet aux enquêteurs des images de vidéosurveillance susceptibles de faciliter l’identification des auteurs. Ces éléments permettent à la police d’engager des investigations avec l’appui d’une équipe spécialisée dans la géolocalisation.
Selon le commissaire principal Alseny Camara, chef de la section de police judiciaire du commissariat central de Sonfonia, les premières recherches aboutissent à l’identification de plusieurs personnes soupçonnées d’être impliquées dans les vols.
Le 17 octobre, les policiers interpellent notamment Abdoulaye Sylla et Mohamed Camara. Les informations recueillies au cours de leurs auditions conduisent ensuite les enquêteurs vers d’autres localités situées à proximité de Conakry.
Les investigations prennent ainsi une nouvelle dimension, les policiers soupçonnant l’existence d’un circuit de revente dépassant le cadre du vol initial.
Quatre suspects arrêtés entre Conakry et Forécariah
La poursuite de l’enquête conduit les policiers à Forécariah, où Daouda Conté est interpellé. Cet homme est soupçonné d’avoir acheté plusieurs véhicules provenant du réseau présumé.
D’après les déclarations rapportées par le commissaire Alseny Camara, Daouda Conté aurait reconnu avoir acquis près de sept véhicules auprès d’Abdoulaye Sylla. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’origine exacte de ces voitures et les conditions dans lesquelles elles auraient été revendues.
Un quatrième suspect, Abdoul Karim Touré, est également mis en cause. Il est soupçonné d’avoir fabriqué de fausses plaques d’immatriculation destinées à masquer l’origine des véhicules.
Cette piste intéresse particulièrement les enquêteurs. La modification des plaques peut compliquer l’identification d’une voiture volée et faciliter sa circulation ou sa revente.
Lors de sa présentation à la presse, Abdoulaye Sylla aurait reconnu sa participation au vol de quatre véhicules à Conakry. Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux autres éléments recueillis pendant l’enquête.
Les quatre hommes restent présumés innocents tant qu’une juridiction compétente n’a pas établi leur culpabilité.
Trois voitures récupérées, d’autres véhicules recherchés
Les opérations policières ont déjà permis de récupérer trois véhicules, présentés aux médias le 23 octobre au commissariat central de Sonfonia.
Il s’agit d’une Toyota Hilux double cabine, d’une Toyota RAV4 et d’une Nissan Almera. Ces voitures sont désormais à la disposition des enquêteurs pour les vérifications nécessaires.
Deux autres véhicules se trouvent également au commissariat central de Forécariah. Leur transfert éventuel vers Sonfonia doit suivre une procédure encadrée par les autorités judiciaires.
Le procureur de la République a demandé que les plaignants concernés fournissent les documents permettant d’établir la propriété des véhicules. Cette étape doit faciliter leur identification et les démarches judiciaires liées à leur récupération.
Le nombre exact de voitures potentiellement concernées par le réseau reste cependant à déterminer. Les déclarations évoquant près de sept transactions ne signifient pas que toutes les voitures ont déjà été formellement identifiées comme volées.
Les policiers devront notamment vérifier les documents administratifs, les plaques d’immatriculation et les circonstances des différentes ventes présumées.
Quelles suites judiciaires pour les suspects ?
Après la présentation des quatre suspects, les autorités policières ont annoncé que le dossier serait transmis au procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn.
La justice devra examiner les éléments réunis et déterminer les éventuelles poursuites à engager contre les personnes mises en cause.
L’enquête devra également préciser les responsabilités individuelles, notamment dans les vols présumés, l’achat de véhicules d’origine frauduleuse et la fabrication supposée de fausses plaques d’immatriculation.
De son côté, la police nationale invite les citoyens ayant subi des vols similaires à se rapprocher de ses services. De nouveaux témoignages pourraient permettre d’identifier d’autres véhicules et d’éventuelles victimes.
Cette opération rappelle une précédente affaire traitée en juillet 2024 par le commissariat de Sonfonia. À l’époque, deux véhicules Toyota avaient été retrouvés grâce à une enquête menée avec l’appui de plusieurs services de sécurité.
Pour les propriétaires concernés par la nouvelle affaire, la priorité reste désormais l’identification des véhicules récupérés et leur éventuelle restitution, sous le contrôle des autorités judiciaires.

