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PETROCI CI-26 : l’État ivoirien crée sa première société publique dédiée à la production pétrolière

La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la maîtrise de ses hydrocarbures avec PETROCI CI-26, filiale publique chargée d’exploiter directement le champ Espoir. Le projet consacre surtout la montée en puissance de PETROCI comme opérateur, et non plus seulement comme détenteur des intérêts de l’État.

PETROCI CI-26 obtient son existence juridique

Le Conseil des ministres du 9 septembre 2026 a adopté le décret autorisant la création de PETROCI CI-26. Cette société anonyme appartient intégralement à PETROCI Holding, elle-même détenue à 100 % par l’État ivoirien.

Sa mission est précise. La nouvelle filiale doit reprendre les actifs du bloc pétrolier CI-26 et assurer son exploitation pour le compte de l’État. Ce permis abrite le champ Espoir, situé au large des côtes ivoiriennes.

Cette reprise intervient après l’expiration de l’autorisation des opérateurs qui disposaient jusque-là de l’exploitation exclusive du bloc. Le décret valide donc à la fois la création de la structure et la reprise des actifs pétroliers concernés.

La qualification de « première société publique spécialisée dans la production pétrolière » doit toutefois être comprise avec précision. PETROCI existe depuis 1975 et sa mission comprend déjà la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures. Elle possède également plusieurs filiales, dont PETROCI CI-11. La nouveauté tient surtout à la création d’une filiale publique spécifiquement dédiée à l’exploitation opérationnelle du CI-26.

Le champ Espoir était déjà passé sous contrôle de PETROCI

Le décret du 9 septembre ne marque pas le début effectif de la reprise du champ. Le transfert opérationnel avait déjà eu lieu quelques semaines auparavant.

Le 24 juillet, PETROCI Holding et Canadian Natural Resources, ou CNR, ont signé les documents officialisant le transfert des actifs. La compagnie ivoirienne a pris le contrôle des opérations à partir de minuit.

La future organisation était déjà visible à cette occasion. Mabintou Tatiana Cissé avait été présentée comme directrice générale de PETROCI CI-26. La filiale a ensuite commencé ses activités le 25 juillet avant d’engager la structuration de ses équipes.

Le décret adopté en septembre vient donc donner une assise institutionnelle complète à une transition déjà engagée sur le terrain.

L’État ivoirien veut devenir lui-même opérateur

Cette évolution dépasse le simple changement de nom inscrit sur un permis pétrolier. Jusqu’ici, la Côte d’Ivoire s’est largement appuyée sur des compagnies internationales pour développer et exploiter ses gisements, tandis que PETROCI représentait les intérêts publics dans les différents projets.

Avec le CI-26, l’entreprise nationale assume directement les responsabilités d’un opérateur. Elle doit gérer les installations, les équipes, la sécurité, les coûts et les performances du champ.

PETROCI affiche d’ailleurs des objectifs d’exploitation « sûre et maîtrisée », d’optimisation de la production et de renforcement de la gouvernance.

Le changement est stratégique. Être actionnaire d’un projet permet de percevoir une partie de ses revenus. Être opérateur exige en revanche de maîtriser les compétences techniques et managériales nécessaires à son fonctionnement quotidien. La réussite du champ Espoir pourra donc servir de test aux ambitions opérationnelles de la compagnie nationale.

Un choix qui renforce la souveraineté pétrolière

La Côte d’Ivoire dispose déjà d’un bras public puissant dans les hydrocarbures. Créée en 1975, PETROCI Holding recherche et exploite des gisements, détient des participations dans différents actifs et contribue à sécuriser l’approvisionnement national en hydrocarbures.

PETROCI CI-26 ajoute une dimension supplémentaire à ce dispositif. Au lieu de renouveler automatiquement une exploitation privée après l’expiration des droits existants, l’État choisit de reprendre l’actif et de le faire exploiter par sa propre filiale.

Cette stratégie peut accroître la maîtrise publique de la chaîne de valeur. Elle permet aussi de développer des compétences locales qui pourront éventuellement être utilisées sur d’autres blocs.

Elle comporte cependant une contrepartie. L’État assume indirectement davantage de risques opérationnels et financiers. Entretenir un champ mature, préserver sa production et financer les investissements nécessaires exigent des capacités techniques durables.

Le CI-26 devient un laboratoire pour PETROCI

La création de la nouvelle société intervient alors que le secteur pétrolier ivoirien gagne en importance. Les découvertes récentes et la mise en production de nouveaux champs ont renforcé les ambitions du pays dans les hydrocarbures.

Dans ce contexte, le champ Espoir peut servir de laboratoire. Si PETROCI CI-26 parvient à maintenir les performances de l’actif tout en maîtrisant ses coûts et sa sécurité, l’État disposera d’un argument pour confier davantage d’opérations à son champion national.

La création de PETROCI CI-26 ne signifie donc pas seulement qu’un champ change d’opérateur. Elle traduit la volonté de la Côte d’Ivoire de passer progressivement d’une participation publique dans les projets pétroliers à une maîtrise opérationnelle directe de certains actifs stratégiques.

Jacqueline OGOUBEYI
Jacqueline OGOUBEYI
Je me nomme Jacqueline OGOUBEYI, je suis journaliste et Rédactrice. J'aime beaucoup la danse, les voyages et la musique. Je m'engage à partager des informations vérifiées sur des sujets ayant trait à la société, le divertissement, la politique.
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