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Mali : au moins 100 militaires tués dans l’attaque de Dioura

Au moins 100 militaires maliens auraient été tués le 10 septembre lors de l’attaque du camp de Dioura, dans le centre du Mali, selon plusieurs sources concordantes. Ce bilan, qui ferait de l’assaut l’un des plus meurtriers subis par l’armée malienne ces dernières années, n’a toujours pas été confirmé officiellement par Bamako.

Le bilan de l’attaque de Dioura dépasse désormais 100 morts

Les premières informations disponibles après l’assaut faisaient état de plusieurs dizaines de soldats tués. Le 18 septembre, une source sécuritaire basée à Mopti a indiqué à l’AFP que plus de 100 militaires maliens, dont deux officiers, avaient perdu la vie. Un officier de l’état-major général des armées et un élu local ont fourni des évaluations allant dans le même sens.

La situation reste toutefois difficile à établir avec précision. Selon l’officier interrogé par l’AFP, un rapport de la prévôté militaire mentionne une centaine de disparus, une trentaine de blessés et autant de prisonniers. L’élu local évoque de son côté plus de 80 soldats capturés. Ces catégories peuvent se recouper et ne permettent donc pas encore d’établir un bilan définitif.

Cinq membres russes d’Africa Corps auraient également été tués. Cette force, qui a succédé au groupe Wagner dans plusieurs de ses activités en Afrique, appuie les autorités maliennes dans les opérations contre les groupes armés.

Le JNIM affirme avoir capturé des dizaines de soldats

L’attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda. Le groupe affirme avoir « neutralisé » 150 militaires et capturé 93 soldats. Il s’agit de chiffres diffusés par sa propre propagande et qui n’ont pas été vérifiés indépendamment.

Des images diffusées par l’organisation montrent toutefois des hommes présentés comme des militaires maliens prisonniers. Dans une vidéo relayée après l’attaque, un soldat capturé affirme que les combats ont duré plus de trois heures avant le repli de son unité. Là encore, ces documents doivent être considérés avec prudence en raison de leur origine.

Le camp aurait finalement été abandonné après les combats. Un élu local interrogé par l’AFP affirme que les assaillants ont emporté l’armement disponible sur place. Le JNIM avait annoncé dès le 10 septembre avoir pris la position avant de s’en retirer.

L’armée malienne communique sur sa riposte, pas sur ses pertes

Les Forces armées maliennes avaient confirmé le 10 septembre une attaque de « groupes armés terroristes » dans le secteur de Dioura. Leur premier communiqué indiquait qu’une riposte était en cours, sans fournir de bilan humain.

L’état-major a ensuite annoncé avoir engagé des opérations aéroterrestres contre les assaillants. Il affirme que plusieurs dizaines de combattants ont été tués et que des motos ainsi que plusieurs pick-up ont été détruits. Ces résultats sont ceux communiqués par l’armée et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.

Bamako n’a en revanche toujours pas précisé le nombre de militaires tués, blessés ou capturés à Dioura. Une source sécuritaire citée par l’AFP affirme que plusieurs soldats effectuaient leur premier déploiement et que les troupes auraient manqué de soutien aérien pendant l’assaut.

Un revers majeur pour la stratégie sécuritaire de Bamako

Dioura se trouve dans la région de Mopti, au cœur d’une zone où le JNIM multiplie les offensives contre les positions militaires. Le camp avait déjà été attaqué à plusieurs reprises. Quelques jours après l’assaut du 10 septembre, le groupe djihadiste a également mené des opérations contre le camp de Konna et l’aéroport de Sévaré.

L’ampleur des pertes rapportées pose surtout la question de la capacité du JNIM à concentrer suffisamment de combattants pour attaquer une position importante, tenir plusieurs heures face à l’armée puis repartir avec des prisonniers et du matériel.

Le revers intervient alors que Bamako a profondément réorienté sa stratégie sécuritaire vers un partenariat renforcé avec la Russie. La présence de membres d’Africa Corps parmi les victimes montre que cet appui n’empêche pas les groupes djihadistes de conserver une forte capacité offensive. Le prochain enjeu sera d’obtenir un bilan officiel et de connaître le sort des nombreux militaires encore signalés comme disparus ou capturés.

Leonce HOUNLIHO
Leonce HOUNLIHO
Passionné du sport et de l'actualité people, Léonce HOUNLIHO a découvert le domaine des relations internationales, il l'a saisi et ne la lâchera plus jamais !
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