Le JNIM au Mali a revendiqué une embuscade contre un convoi de l’Africa Corps russe lundi 28 septembre près de Niono, dans la région de Ségou. Plusieurs sources locales font état d’au moins quatre combattants russes tués, tandis que l’armée malienne n’a pas confirmé cette attaque.
Le JNIM attaque un convoi de l’Africa Corps près de Niono
L’embuscade s’est produite en fin de matinée entre Tiemaba et Wewo, au nord de Niono. Cette zone du centre du Mali constitue depuis plusieurs années l’un des principaux terrains d’action de la Katiba Macina, composante du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à al-Qaïda.
Selon les informations recueillies par RFI, les assaillants ont d’abord utilisé des drones contre les véhicules militaires. Des combattants du JNIM ont ensuite investi les lieux avant de se retirer. Le groupe a diffusé des images de l’opération sur ses canaux de propagande.
Le JNIM affirme avoir causé « sept morts et blessés » parmi les membres russes de l’Africa Corps. Il assure également avoir récupéré des armes et du matériel. Ces affirmations restent celles du groupe jihadiste et ne peuvent donc pas être considérées, à elles seules, comme un bilan indépendant.
Au moins quatre combattants russes auraient été tués
Plusieurs habitants, notabilités locales et spécialistes de la sécurité interrogés après l’attaque convergent toutefois vers un bilan d’au moins quatre Russes tués. Des combattants blessés auraient aussi été conduits à Niono pour recevoir des soins.
Des sources citées par l’AFP évoquent également la mort de militaires maliens lors d’une embuscade jihadiste dans le centre du pays. Les informations disponibles ne permettent cependant pas d’établir avec certitude si tous les bilans rapportés concernent exactement le même engagement ni d’arrêter un nombre définitif de victimes.
RFI précise que certaines sources font état de soldats maliens tués ou blessés, sans que ces chiffres aient pu être recoupés. D’autres affirment que la patrouille visée près de Niono était exclusivement russe, une configuration présentée comme inhabituelle.
L’armée malienne ne mentionne pas l’embuscade de Niono
L’état-major malien n’a pas publiquement confirmé l’attaque contre l’Africa Corps. Dans son communiqué du 29 septembre, il a plutôt détaillé plusieurs opérations menées dans le cadre de l’opération Dougoukoloko.
Les FAMa affirment avoir frappé le 27 septembre un refuge de groupes armés situé à environ 13 kilomètres à l’est de Niono. Selon l’armée, cette position abritait notamment des auteurs d’une précédente attaque contre un convoi militaire ainsi que du matériel de guerre et des motocyclettes.
Le lendemain, l’armée dit également avoir ciblé quatre points de repli à l’ouest de Dioura, dans la région voisine de Mopti. Elle assure avoir traité ces positions après une phase de surveillance, sans fournir de bilan humain consolidé.
L’Africa Corps reste fortement engagé dans le centre du Mali
L’Africa Corps a, de son côté, annoncé une opération conjointe avec les forces maliennes dans la région de Ségou le 28 septembre. La structure russe affirme que jusqu’à 30 combattants qualifiés de « terroristes » auraient été éliminés, sans faire état de pertes dans ses rangs. Ce bilan n’a pas été vérifié indépendamment.
L’organisation russe a remplacé Wagner au Mali après l’annonce du retrait de ce dernier en juin 2025. Placée sous un contrôle plus direct de Moscou, elle conserve une présence importante aux côtés des forces maliennes dans les opérations contre les groupes jihadistes.
L’embuscade de Niono montre surtout la capacité persistante du JNIM à cibler des colonnes militaires dans le centre du pays. Elle intervient alors que les affrontements se multiplient autour de plusieurs axes stratégiques, mettant sous pression à la fois les FAMa et leurs partenaires russes.
