Le monde des influenceurs ivoiriens est en pleine effervescence. Ce samedi 1er novembre 2025, plusieurs créateurs de contenus bien connus du public se sont réunis à l’Hôtel Ivoire, à Abidjan, pour annoncer une initiative inédite : la création d’une association professionnelle dédiée à la promotion et à la défense des intérêts des influenceurs en Côte d’Ivoire. Un premier pas vers une véritable structuration de ce secteur en pleine expansion, mais encore peu reconnu sur le plan institutionnel.
Une volonté de peser davantage face au marché et aux marques
À l’origine de cette démarche : Maa Bio, l’une des figures montantes de l’influence ivoirienne. Très engagée, elle a tenu à mettre en lumière un problème récurrent : le manque de sérieux et d’organisation au sein de la profession. Elle dénonce le fait que beaucoup d’influenceurs ne se prennent pas assez au sérieux et peinent à tirer pleinement profit de leur audience.
Son constat est sans appel : malgré leur popularité, certains créateurs de contenu ne parviennent pas à obtenir des revenus à la hauteur de leur impact sur les réseaux sociaux. La comparaison avec les influenceurs nigérians, mieux structurés et largement mieux rémunérés, a été un point central de la discussion. L’objectif affiché est donc clair : créer un cercle fort et solidaire permettant de négocier des partenariats justes, de former les nouveaux venus, de professionnaliser les pratiques et de faire reconnaître l’influence comme un métier à part entière.
Cette réunion intervient quelques jours seulement après la visite en Côte d’Ivoire de Peller, grand nom de l’influence nigériane. Celui-ci avait exprimé sa surprise de voir des contenus viraux et des personnalités suivies par des centaines de milliers de personnes… mais dotées de très faibles ressources financières. Pour lui, le problème vient d’un manque de stratégie, de négociation et de légitimité aux yeux des marques.
Une initiative qui fait débat dans l’écosystème
Si l’initiative a été saluée par plusieurs acteurs du milieu, elle soulève aussi des questions. En effet, plusieurs influenceuses en vue en Côte d’Ivoire étaient absentes à la rencontre. Une absence remarquée qui pourrait annoncer des résistances ou des divergences dans la vision du collectif. Le défi sera donc de rassembler et de fédérer un maximum de profils, au-delà des affinités ou des stratégies individuelles.
Dans un secteur de plus en plus observé par le public, convoité par les marques et scruté par les institutions, la structuration devient une nécessité. Avec cette initiative, les influenceurs ivoiriens espèrent franchir un nouveau cap : celui de la crédibilité, de la reconnaissance et de la valorisation économique. Reste à voir si cette dynamique collective saura s’imposer durablement et inspirer d’autres pays d’Afrique francophone à suivre le même chemin.