Un an après les premières manifestations de GenZ 212 au Maroc, la mobilisation se poursuit autour du sort des personnes emprisonnées. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH), 650 personnes restent détenues, alors que la campagne « Free Koulchi » organise plusieurs événements pour réclamer leur libération.
GenZ 212 était descendu dans la rue le 27 septembre 2025
Le 27 septembre 2025 marque le début des premières mobilisations nationales organisées sous la bannière GenZ 212. Des rassemblements avaient notamment eu lieu à Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger et Agadir, avec pour slogan « Liberté – Dignité – Justice ». Plusieurs centaines de jeunes avaient participé à cette première journée.
Le collectif s’était auparavant structuré principalement sur Discord et les réseaux sociaux. Ses revendications portaient sur l’amélioration de la santé et de l’éducation publiques, l’emploi, les inégalités sociales et la lutte contre la corruption. Le numéro « 212 » fait référence à l’indicatif téléphonique international du Maroc.
Le mouvement avait rapidement pris de l’ampleur. Quelques jours après son lancement, sa communauté en ligne dépassait 120 000 membres. Les manifestations s’étaient ensuite étendues à plusieurs villes, tandis que les interventions policières et les arrestations se multipliaient.
650 personnes toujours emprisonnées selon l’AMDH
Un an plus tard, le nombre de personnes encore détenues reste difficile à établir à partir de données officielles consolidées. Le bilan le plus récent cité par Le Monde provient de l’AMDH. L’association affirme qu’au moins 5 700 personnes ont été arrêtées dans le contexte du mouvement et que 650 sont toujours en prison, soit pour purger leur peine, soit dans l’attente de leur jugement.
Les chiffres ont fortement évolué au fil des procédures judiciaires. En février 2026, l’AMDH évaluait encore à 2 100 le nombre de personnes emprisonnées, certaines ayant reçu des peines pouvant atteindre quinze ans.
Human Rights Watch avait pour sa part recensé environ 2 100 arrestations et au moins 1 400 personnes faisant l’objet de poursuites judiciaires, dont 330 mineurs. L’organisation indiquait qu’environ 1 000 personnes se trouvaient encore en détention en octobre 2025. Ces différences montrent que les bilans dépendent notamment de la période et du périmètre retenus.
« Free Koulchi » remet les détenus au centre de la mobilisation
Pour ce premier anniversaire, la campagne « Free Koulchi », littéralement « Libérez-les tous », veut remettre la situation des détenus dans le débat public. Plusieurs rencontres sont organisées autour de la mémoire du mouvement, de la répression et des perspectives de mobilisation.
À Bruxelles, un événement est prévu ce dimanche 27 septembre à l’ARKA. Le programme comprend des projections, des podcasts et un débat consacré aux formes de résistance et à la solidarité internationale. Les organisateurs réclament la libération des jeunes et militants encore incarcérés.
À Paris, une rencontre organisée au DOC doit également revenir sur GenZ 212, ses modes d’action, le rôle des réseaux sociaux, les arrestations et les procédures judiciaires. Une seconde discussion est consacrée aux Marocains ayant récemment tenté de rejoindre Ceuta.
Une contestation moins visible, mais loin d’avoir disparu
La mobilisation de rue n’a plus l’ampleur observée à l’automne 2025. Le Monde relevait encore récemment que la Gen Z avait été largement absente de la campagne pour les élections législatives de septembre 2026. Plusieurs jeunes interrogés expliquaient toutefois leur retrait par une défiance persistante envers les institutions et par les arrestations ayant suivi les manifestations.
La contestation a aussi laissé une trace durable dans les formes d’engagement politique de la jeunesse. Le chercheur Younes Faidi évoque ainsi une « repolitisation des jeunes », qui ne se traduit pas nécessairement par un retour vers les partis traditionnels, mais davantage par des espaces numériques et des mobilisations décentralisées.
Un an après le 27 septembre 2025, la mobilisation autour de GenZ 212 s’est donc transformée. Moins présente dans les rues, elle se concentre désormais largement sur la situation judiciaire des manifestants et sur une revendication devenue centrale pour leurs soutiens : la libération des personnes encore détenues.


