Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) est arrivé en tête des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026 avec 97 sièges sur 395, selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur. Le scrutin confirme le poids de la coalition sortante, mais aucun parti ne dispose seul d’une majorité pour gouverner.
Le PAM arrive en tête devant le RNI et l’Istiqlal
Le PAM prend la première place des législatives avec 97 sièges. Il devance nettement le Rassemblement national des indépendants (RNI), parti du chef du gouvernement sortant Aziz Akhannouch, qui obtient 66 sièges. L’Istiqlal arrive juste derrière avec 65 élus.
Le Parti de la justice et du développement (PJD) se classe quatrième avec 54 sièges. Cette performance marque un net rebond pour la formation islamiste, qui n’avait remporté que 13 sièges en 2021. Reuters souligne que ce retour intervient après le retour à la tête du parti d’Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement entre 2011 et 2017.
Derrière ces quatre principales formations, le Mouvement populaire décroche 29 sièges, l’Union socialiste des forces populaires 26 et le Parti du progrès et du socialisme 19. L’Union constitutionnelle en obtient 17.
Les législatives marocaines marquées par une faible participation
Au-delà du classement des partis, le taux de participation constitue l’un des principaux enseignements du scrutin. Le ministère de l’Intérieur l’a établi à 38,08 % au niveau national.
Cette mobilisation est nettement inférieure à celle des précédentes législatives. En 2021, environ la moitié des électeurs inscrits avaient participé au vote. Le scrutin de 2026 affiche ainsi le taux de participation le plus faible depuis près de vingt ans, selon plusieurs médias internationaux.
Cette abstention importante nuance la victoire du PAM. Le parti arrive bien en tête en nombre de sièges, mais son résultat ne lui permet pas de contrôler à lui seul la Chambre des représentants.
Une nouvelle coalition sera nécessaire pour gouverner
La majorité absolue à la Chambre des représentants nécessite 198 sièges. Avec ses 97 députés, le PAM devra donc négocier une coalition pour former une majorité parlementaire stable.
Les trois partis de la coalition gouvernementale sortante — PAM, RNI et Istiqlal — totalisent ensemble 228 sièges selon les résultats provisoires. Mathématiquement, leur alliance pourrait donc être reconduite. Mais aucune décision définitive n’a encore été annoncée.
Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM, a indiqué après le scrutin que le parti n’excluait aucune formation des discussions. Selon elle, les alliances seront examinées par les instances du parti et devront notamment tenir compte des programmes politiques.
Avant les élections, elle insistait déjà sur le fait que les résultats des urnes devaient précéder toute discussion sur les alliances et les postes gouvernementaux.
Le PAM désormais au centre de la formation du gouvernement
La victoire du PAM ouvre une nouvelle phase politique au Maroc. En vertu de la Constitution, le roi Mohammed VI nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants.
Le résultat donne donc au PAM une place centrale dans les négociations à venir. Il ne signifie cependant pas que la composition du prochain exécutif est déjà arrêtée, ni que la personne appelée à diriger le gouvernement est automatiquement connue.
Le scrutin modifie aussi le rapport de force au sein de la majorité sortante. Le RNI, première force politique en 2021, recule à la deuxième place avec 66 sièges, tandis que le PAM prend la tête avec 97 élus. Le PJD retrouve parallèlement une représentation parlementaire beaucoup plus importante.
Les résultats restent présentés comme provisoires. Les prochaines étapes seront donc déterminantes : confirmation définitive des résultats, nomination du chef du gouvernement et négociation d’une majorité capable de réunir au moins 198 députés.
