La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict tant attendu le mardi 2 juillet 2024, dans l’affaire du député Nestor Noutaï, accusé de blanchiment de capitaux. Dans une décision surprenante, le parlementaire a été relaxé au bénéfice du doute, échappant ainsi à toute peine d’emprisonnement ou amende.
L’origine des accusations
Le député Nestor Noutaï, membre du parti Union progressiste le Renouveau, a été accusé par le parquet de la CRIET dans une procédure de flagrant délit de blanchiment de capitaux. Les charges portées contre lui étaient particulièrement graves : il était reproché à Noutaï de posséder plusieurs millions de FCFA sur le compte bancaire de son fils mineur. De plus, plusieurs de ses comptes avaient été bloqués, et ses avoirs étaient estimés à plus de 700 millions de FCFA. Une autre accusation pesant sur lui était le manque de tenue de comptabilité pour ses activités économiques.
Le ministère public avait découvert des sommes importantes déposées sur le compte du fils du député, ce qui avait soulevé des suspicions sur l’origine de ces fonds. Lors de son audition le 23 avril 2024, Noutaï avait déclaré que ces fonds provenaient de ses activités agricoles. Selon ses dires, il avait ouvert ce compte pour y déposer les revenus générés par son projet agricole. Le premier dépôt de 64 millions de FCFA avait été effectué en 2012, suivi d’un complément de 16 millions de FCFA en 2014, portant le total à 80 millions de FCFA.
La déposition du député
Lors de sa déposition, Noutaï a expliqué que ses revenus agricoles provenaient de l’exploitation de 120 hectares de terres. Il a également mentionné que ces revenus étaient complétés par ses salaires perçus en tant que député sous la 8e législature de l’Assemblée nationale (2019-2023). Malgré ces explications, le ministère public est resté sceptique et a requis une peine de prison ferme de trois mois, ainsi que la confiscation de tous les fonds objets de la procédure.
Cependant, les juges de la CRIET n’ont pas suivi les réquisitions du ministère public. Le verdict rendu a relaxé Noutaï au bénéfice du doute.
