Après la Côte d’Ivoire, le Togo adopte une position ferme contre les dérives numériques. Le procureur de la République, Mawama Talaka, a annoncé que toute production, diffusion ou partage de contenus illégaux sur les réseaux sociaux sera désormais passible de poursuites pénales. Cette mesure vise à responsabiliser les internautes et administrateurs de pages, dans un contexte marqué par des tensions politiques.
Les réseaux sociaux ne sont plus une « zone de non-droit »
Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 3 octobre, le procureur Mawama Talaka a insisté sur la nécessité d’un usage responsable des plateformes numériques. Selon lui, le Togo ne saurait tolérer que les réseaux sociaux deviennent un espace d’impunité. « Quiconque produira, diffusera ou partagera une publication illégale s’expose à des poursuites pénales sans compromis », a-t-il déclaré avec fermeté.
Le magistrat a également précisé que la complicité ne serait pas épargnée par la loi. « La complicité par simple approbation ou commentaire est également punissable », a-t-il ajouté, élargissant ainsi le champ des sanctions à toutes formes de soutien, même indirectes, à des contenus jugés diffamatoires, mensongers ou haineux.
Un contexte politique marqué par la contestation
Cette annonce survient alors que les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la mobilisation citoyenne au Togo. Ces dernières semaines, des manifestations contre le pouvoir de Faure Gnassingbé ont été largement relayées et organisées via Facebook, WhatsApp ou encore X (ex-Twitter). Pour les autorités, ces plateformes peuvent être utilisées comme de puissants outils de désinformation et d’incitation à la violence.
Le gouvernement togolais semble ainsi suivre la voie ouverte par la Côte d’Ivoire, où le procureur Braman Koné avait déjà annoncé que les administrateurs de pages pourraient être poursuivis si, face à des propos illégaux publiés par leurs abonnés, ils ne prenaient aucune mesure de retrait ou de signalement. Cette dynamique traduit une volonté régionale d’encadrer plus strictement l’espace numérique.
Si ces mesures trouvent tous leurs sens dans un environnement où des individus se cachent derrière les réseaux sociaux pour diffamer, elles sont aussi vues comme des restrictions à la liberté d’expression et sur les réseaux sociaux, les internautes expriment leur indignation.
