En Côte d’Ivoire, le procureur de la République, Braman Koné, a annoncé une mesure inédite concernant la gestion des pages Facebook. Désormais, les administrateurs pourront être poursuivis pour les propos diffamatoires, mensongers ou haineux publiés par leurs abonnés s’ils n’agissent pas pour les retirer ou les signaler.
Les administrateurs de pages tenus responsables
Lors d’une déclaration officielle, le procureur Braman Koné a mis en garde les administrateurs de pages Facebook. Selon lui, les propriétaires de ces espaces en ligne ne peuvent plus se contenter de laisser circuler n’importe quel contenu sur leurs plateformes. « À partir d’aujourd’hui, 26 septembre, si vous ne faites pas votre part — c’est-à-dire retirer, signaler ou empêcher certaines personnes de publier de fausses informations sur votre page — vous serez aussi concernés », a-t-il averti.
Autrement dit, en cas de publication problématique, non seulement l’auteur du message pourra être poursuivi, mais aussi l’administrateur de la page qui n’aura pas pris les mesures nécessaires pour l’empêcher ou le supprimer. Cette nouvelle disposition marque un tournant dans la régulation de l’espace numérique, où l’impunité semblait jusque-là régner.
Une responsabilité partagée pour protéger l’espace numérique
Pour Braman Koné, il s’agit avant tout de rétablir un climat de responsabilité et de respect sur les réseaux sociaux, devenus des lieux d’expression privilégiés mais parfois incontrôlables. « Dans ce cas, la personne qui a publié et le propriétaire de la page seront tous les deux tenus responsables », a insisté le procureur.
Cette annonce, qui fait déjà grand bruit, vise à freiner la prolifération de fausses informations et de discours haineux en ligne. En imposant cette responsabilité partagée, les autorités espèrent instaurer une vigilance accrue de la part des administrateurs, qui devront désormais surveiller activement le contenu diffusé sur leurs pages.
Cette décision marque une étape importante dans la lutte contre les dérives numériques. Mais elle soulève aussi des interrogations : jusqu’où s’étendra la responsabilité des administrateurs ? Comment différencier un commentaire malveillant d’une simple opinion critique ? Si les contours de cette mesure restent à préciser, une chose est sûre : à partir du 26 septembre, la gestion des pages Facebook en Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle ère de responsabilité et de rigueur.
