Maurice, le Maroc et l’Afrique du Sud dominent le classement de l’innovation en Afrique en 2026, selon l’Indice mondial de l’innovation publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Sur les 35 économies africaines étudiées, plusieurs gagnent du terrain grâce à leurs institutions, leur industrie, leur recherche ou leurs écosystèmes technologiques.
Maurice devance le Maroc et l’Afrique du Sud
Maurice conserve la première place africaine et atteint le 50e rang mondial. Le pays devance le Maroc, 54e mondial, tandis que l’Afrique du Sud complète le podium continental à la 63e place.
La Tunisie arrive quatrième en Afrique avec une 71e place mondiale. Elle précède le Botswana, 82e, et l’Égypte, 83e. Le Sénégal occupe ensuite le 90e rang mondial, devant le Rwanda, 96e, le Kenya, 97e, et le Ghana, 101e.
Le top 10 africain se présente ainsi : Maurice, Maroc, Afrique du Sud, Tunisie, Botswana, Égypte, Sénégal, Rwanda, Kenya et Ghana.
Le classement ne mesure pas uniquement les nouvelles technologies ou le nombre de start-up. L’OMPI évalue plus largement les institutions, le capital humain, la recherche, les infrastructures, la sophistication des marchés et des entreprises ainsi que les résultats scientifiques, technologiques et créatifs.
Le Maroc atteint son meilleur classement dans l’innovation
Le Maroc signe l’une des performances les plus remarquables du continent. Sa 54e place constitue son meilleur classement historique dans l’indice. L’OMPI souligne notamment ses progrès dans la modernisation industrielle et l’utilisation des actifs incorporels par les entreprises.
Le royaume occupe notamment la 5e place mondiale pour les dessins et modèles industriels, la 8e pour l’intensité des actifs incorporels et la 16e pour les marques. Il se classe également 28e dans la fabrication de haute technologie.
Plus largement, l’Afrique du Nord progresse. La Tunisie monte au 71e rang mondial, l’Égypte atteint la 83e place et l’Algérie gagne quatre positions pour se classer 111e. Cette dernière se distingue notamment par ses dépenses d’éducation, tandis que l’Égypte bénéficie d’une importante base scientifique et d’un marché intérieur de grande taille.
Le Rwanda et le Kenya accélèrent leur progression
En Afrique subsaharienne, Maurice reste le leader devant l’Afrique du Sud, le Botswana et le Sénégal. Mais le Rwanda réalise l’une des avancées les plus significatives. Il atteint la 96e place mondiale et devient l’économie à faible revenu la mieux classée de l’indice.
Ses institutions constituent son principal atout : le pays se classe 26e mondial sur ce pilier. Le Kenya gagne pour sa part cinq places et monte au 97e rang. Le Botswana progresse également, notamment grâce à une utilisation accrue des marques, modèles d’utilité et dessins industriels.
L’Afrique du Sud affiche une autre particularité : elle obtient pour la neuvième année consécutive de meilleurs résultats en matière d’innovation que ce que son niveau de développement économique laisserait normalement attendre. Le Sénégal figure lui aussi parmi ces économies qui surperforment.
L’innovation africaine progresse mais reste très inégale
L’OMPI recense 35 économies africaines dans son classement 2026. Les écarts restent considérables : Maurice se situe au 50e rang mondial alors que la République démocratique du Congo, le Niger et le Tchad occupent respectivement les 137e, 138e et 139e places. La RDC et le Tchad apparaissent pour la première fois dans l’indice grâce à une meilleure disponibilité des données.
Plusieurs indicateurs témoignent néanmoins d’une dynamique positive. Les publications scientifiques africaines ont progressé de 8,1 % entre 2024 et 2025, contre 6,9 % dans le monde. Les investissements en recherche et développement ont augmenté de 4,2 %, selon les estimations de l’OMPI, contre 3,3 % au niveau mondial.
Le capital-risque reste plus fragile. Pourtant, les start-up africaines ont levé environ 3,2 milliards de dollars en 2025, soit près de 40 % de plus qu’un an auparavant.
L’OMPI estime ainsi que l’innovation devient davantage visible sur le continent, mais souligne encore des faiblesses dans le capital humain, la recherche et les infrastructures. Le défi ne consiste donc plus seulement à investir davantage, mais à transformer plus efficacement ces ressources en technologies, entreprises compétitives et gains de productivité.

