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Mines au Mali : Washington s’intéresse à l’or et au lithium

Les mines au Mali attirent davantage l’attention de Washington, alors que l’administration Trump cherche à sécuriser de nouvelles sources de minerais stratégiques. Une rencontre organisée le 24 septembre à Bamako par l’ambassade américaine illustre ce rapprochement, mais aucun accord minier n’a encore été annoncé.

Les mines au Mali au cœur d’une réunion américaine discrète

Une vingtaine d’experts des secteurs minier et sécuritaire se sont réunis à Bamako lors d’un panel organisé par l’ambassade des États-Unis. Selon les informations initialement rapportées par Jeune Afrique, la rencontre était pilotée par James Conroy, conseiller politique auprès de la représentation diplomatique américaine.

Une note conceptuelle citée par le média précise que les discussions devaient fournir aux partenaires étrangers et aux entreprises américaines des pistes permettant de favoriser « l’engagement commercial et le partenariat économique » à long terme. La formulation reste prudente : elle traduit un intérêt américain pour le secteur minier malien, mais ne constitue ni une promesse d’investissement ni l’annonce de contrats.

Ce dialogue ne surgit pas de nulle part. Dès avril, Africa Intelligence faisait état d’échanges entre Bamako et Washington autour de gisements d’or, de manganèse et de lithium susceptibles d’intéresser des investisseurs américains.

L’or et le lithium renforcent l’intérêt stratégique du Mali

Le poids de l’or explique une partie de cet intérêt. Selon l’US Geological Survey, ce métal représentait environ 10 % du PIB malien en 2023. L’organisme américain estime la production industrielle à environ 51 tonnes en 2024, hors une production artisanale évaluée à plus de 6 tonnes.

Le lithium ajoute désormais une dimension stratégique. Le gouvernement malien affirme que les projets de Goulamina et de Bougouni pourraient produire ensemble plus de 590 000 tonnes de concentré de spodumène en 2026. Bamako présente cette montée en puissance comme un élément central de sa stratégie de diversification minière.

Le pays continue parallèlement d’accorder ou de renouveler des droits d’exploration. En août, les autorités ont approuvé le renouvellement de dix permis de recherche, dont huit pour l’or et deux pour le lithium.

Washington veut sécuriser les minerais critiques

L’intérêt américain pour le Mali s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les mesures destinées à réduire la dépendance des États-Unis aux chaînes d’approvisionnement étrangères en minerais critiques.

En janvier 2026, le président américain a demandé à son administration de négocier avec des partenaires étrangers sur les minerais transformés jugés essentiels à la sécurité nationale. Le lithium figure explicitement parmi les ressources utilisées dans des secteurs stratégiques comme les batteries et l’industrie chimique.

Washington a ensuite accéléré ses investissements domestiques. En août, la Maison-Blanche a annoncé plus de 2 milliards de dollars de projets liés à l’industrie minière et aux chaînes d’approvisionnement américaines. L’un d’eux prévoit notamment 1,4 milliard de dollars pour développer des matériaux destinés aux batteries lithium-ion.

Cette politique répond aussi à la domination chinoise dans plusieurs segments des minerais critiques. Reuters souligne que la compétition internationale autour du lithium, des terres rares et d’autres ressources s’intensifie à mesure que les États cherchent à sécuriser leurs approvisionnements.

Bamako veut garder davantage de contrôle sur ses ressources

Toute avancée américaine devra toutefois composer avec la nouvelle politique minière du Mali. Depuis l’adoption de son code minier de 2023, Bamako cherche à augmenter les revenus de l’État et à renforcer son contrôle sur l’exploitation des ressources naturelles.

Le ministère des Mines met notamment en avant la suppression de certaines clauses de stabilité fiscale et la réduction d’avantages accordés aux compagnies pendant l’exploitation. Les tensions passées avec plusieurs opérateurs étrangers montrent que l’accès aux ressources maliennes implique désormais des négociations plus exigeantes.

La réunion du 24 septembre constitue donc surtout un signal diplomatique et économique. Elle montre que Washington cherche à ouvrir davantage la porte aux entreprises américaines dans les mines au Mali, notamment autour du lithium et de l’or. À ce stade, toutefois, les informations disponibles ne permettent pas de parler d’acquisitions américaines ni de nouveaux contrats déjà conclus.

Jacqueline OGOUBEYI
Jacqueline OGOUBEYI
Je me nomme Jacqueline OGOUBEYI, je suis journaliste et Rédactrice. J'aime beaucoup la danse, les voyages et la musique. Je m'engage à partager des informations vérifiées sur des sujets ayant trait à la société, le divertissement, la politique.
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