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Ebola en RDC : la vaccination s’étend aux soignants de Bunia

La lutte contre Ebola en RDC franchit une nouvelle étape avec le lancement, le 19 septembre, d’une campagne de vaccination des soignants à Bunia, dans la province de l’Ituri. Cette extension intervient alors que l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo avait atteint 7 541 cas confirmés et 3 639 décès selon les autorités congolaises.

Ebola en RDC : Bunia et Mongbwalu ciblées en priorité

La campagne lancée samedi cible d’abord les professionnels de santé et les autres travailleurs engagés dans la riposte à Bunia et Mongbwalu. Ces deux zones sanitaires figurent parmi les plus touchées de l’Ituri, épicentre actuel de l’épidémie.

Les autorités veulent réduire le risque auquel sont confrontés médecins, infirmiers et personnels intervenant auprès des malades. Le gouverneur militaire de l’Ituri, Gaby Kasongo Mulumba, a justifié ce choix par leur exposition particulière et leur implication directe dans la réponse sanitaire. Une professionnelle vaccinée à Bunia, Nikole Landu, explique être « en contact permanent avec des personnes malades » et donc fortement exposée.

Cette opération ne constitue toutefois pas le début de la vaccination dans l’ensemble du pays. Des injections d’Ervebo avaient déjà commencé fin août, notamment à Kisangani dans la province de la Tshopo. Plus de 3 000 professionnels de santé et intervenants de première ligne avaient reçu le vaccin à la mi-septembre, selon l’OMS.

Ervebo utilisé malgré une efficacité encore incertaine

Le vaccin Ervebo représente un outil déjà bien connu des équipes de lutte contre Ebola. Il est homologué contre la maladie provoquée par le virus Ebola, anciennement appelé virus Zaïre, et son efficacité a été démontrée lors de précédentes flambées. L’épidémie actuelle est cependant causée par le virus Bundibugyo. Aucun vaccin n’est aujourd’hui homologué spécifiquement contre cette espèce.

Cette différence impose une prudence particulière. L’OMS considère que les preuves disponibles ne permettent pas encore d’établir qu’Ervebo protège les humains contre le virus Bundibugyo. L’organisation recommande donc son utilisation dans le cadre de protocoles permettant également de recueillir des données scientifiques.

Les premiers résultats obtenus en laboratoire et chez l’animal laissent envisager une possible protection, sans la démontrer chez l’humain. C’est pourquoi une partie des doses disponibles doit être utilisée dans un essai clinique destiné à mesurer précisément l’efficacité du vaccin contre la souche responsable de l’épidémie actuelle.

Plus de 3 600 décès enregistrés en RDC

La campagne intervient face à une flambée d’une ampleur exceptionnelle. Au 19 septembre, les autorités congolaises faisaient état de 7 541 infections confirmées, 3 639 décès et 1 823 guérisons. Cette 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC est désormais la plus meurtrière qu’ait connue le pays.

La situation reste particulièrement complexe dans l’est. L’insécurité, les déplacements de populations, les mouvements fréquents entre les territoires et une grève de personnels de santé compliquent la surveillance des malades et le suivi des contacts. L’OMS constatait mi-septembre une baisse de la transmission dans certaines parties de l’Ituri, mais prévenait que l’épidémie était encore « loin d’être terminée ».

La situation reste également préoccupante au Nord-Kivu, où les infections ont récemment progressé. Africa CDC estime ainsi qu’une diminution observée dans quelques zones ne suffit pas encore à conclure à un contrôle durable de l’épidémie.

70 000 doses mobilisées pour la riposte

Le stock international a accordé à la RDC 70 000 doses d’Ervebo. Environ 50 000 sont destinées aux personnels de santé et autres intervenants de première ligne, tandis que 20 000 doivent alimenter un essai clinique consacré au virus Bundibugyo.

En Ituri et au Nord-Kivu, la campagne doit couvrir environ 20 000 travailleurs de première ligne sur une période estimée entre six et neuf mois. La vaccination reste néanmoins un volet parmi d’autres de la riposte. Le dépistage rapide, l’isolement des cas, la surveillance des contacts, la prévention des infections dans les structures de santé et l’accès précoce aux soins demeurent essentiels pour ralentir la propagation.

Monge BANKOLE
Monge BANKOLE
Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.
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