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Centrafrique : la peur des trafics d’organes vide les champs autour de Bayanga

À Bayanga, la peur ne touche plus seulement les familles confrontées aux disparitions ou aux profanations de tombes. Elle commence aussi à perturber le quotidien d’une ville où 80 % des habitants vivent de l’agriculture. Une vingtaine de cas de disparitions ou de tombes vandalisées ont été recensés cette année par les autorités locales, tandis qu’au moins huit trafiquants ont déjà été jugés et condamnés.

Une vingtaine de cas recensés depuis le début de l’année

Les témoignages recueillis à Bayanga font état de faits présumés liés à des trafics d’organes, d’ossements humains et de sang.

Ruffin, un agriculteur de la région, raconte avoir découvert la tombe de son père vandalisée dans une ferme familiale. La dalle avait été brisée et les ossements retirés du cercueil.

« Ils ont pris tous les ossements de notre père », témoigne-t-il. La famille affirme ne pas avoir retrouvé leur trace.

Les autorités locales indiquent que les enlèvements liés au trafic d’organes sont fréquents. Au total, une vingtaine de disparitions ou de profanations de tombes ont été recensées à Bayanga cette année.

Au moins huit trafiquants ont été jugés et condamnés, selon les informations rapportées. Les éléments fournis ne précisent toutefois pas les faits exacts retenus contre chacun d’eux ni les peines prononcées.

Une économie agricole perturbée par la peur

Les conséquences se font désormais sentir dans les plantations. Certains habitants refusent de partir seuls travailler dans les champs et préfèrent attendre d’être accompagnés.

Cette crainte pèse particulièrement sur Bayanga puisque quatre habitants sur cinq vivent de l’agriculture.

Une habitante, Roseline, affirme que plusieurs personnes ont disparu sans laisser de trace. Elle pointe aussi une couverture insuffisante de la localité par les forces de sécurité intérieure et demande une intervention plus forte des autorités.

Plusieurs explications circulent autour de ces faits présumés, allant des croyances occultes à la recherche d’argent et à la criminalité organisée. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir précisément les motivations derrière l’ensemble des cas signalés.

À Bayanga, la situation dépasse désormais les victimes directement concernées. La peur de disparaître ou d’être attaqué modifie les déplacements et le travail quotidien d’une population largement dépendante de ses champs pour vivre.

Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.
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