Icône de beauté, de culture et de diplomatie, Gillette Hazoumè n’est pas qu’un nom dans l’histoire béninoise. Elle est la première femme à porter le titre de Miss Dahomey en 1962, mais aussi une femme engagée, cultivée et influente qui a marqué plusieurs pays d’Afrique par son parcours impressionnant.
Une reine de beauté au destin hors du commun
Tout commence en 1962. Gillette Hazoumè n’a que 19 ans lorsqu’elle est couronnée Miss Porto-Novo, puis Miss Dahomey, à une époque où son pays venait tout juste d’accéder à l’indépendance. Ce sacre la propulse sur la scène internationale où elle représente son pays au concours Miss Universe à Miami, aux États-Unis. Une fièvre soudaine la ralentit à son arrivée, mais elle n’abandonne pas. Déterminée, elle participe tout de même au défilé et aux activités officielles prévues, faisant honneur à son jeune pays.
Sur le plan académique, Gillette décroche deux bourses : l’une pour un BTS en secrétariat à Paris, l’autre pour une formation en arts dramatiques, prouvant que son élégance s’accompagne d’intelligence et de talents multiples.
Une carrière panafricaine au service de l’élite
De retour au pays, elle devient speakerine à Radio Dahomey en 1966, avant d’intégrer le bureau de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à Lagos. Son professionnalisme la mène ensuite au ministère de l’Économie au Bénin, mais c’est au Tchad que son étoile continue de briller. Ginette Hazoumè est recrutée par l’Assemblée nationale, puis directement à la Présidence de la République, où elle collabore avec les présidents François Tombalbaye et Félix Malloum.
C’est au Tchad qu’elle construit sa vie de famille, en épousant Hassan Kolingar, haut conseiller à la présidence. Ensemble, ils ont deux filles. Mais elle ne s’arrête pas là : entrepreneure culturelle, elle crée des espaces festifs comme Harlem et Méridien Bar, et organise des concours comme Miss Sarh, donnant un nouveau souffle à la scène culturelle locale.
Aujourd’hui âgée, Gillette Hazoumè coule une retraite paisible à Porto-Novo, sa ville natale. Son parcours reste un exemple de bravoure, d’élégance et d’engagement féminin. Une pionnière africaine dont l’histoire mérite d’être racontée, transmise et célébrée.
