Au Togo, les incursions terroristes se multiplient, plongeant le pays dans une atmosphère de terreur et d’insécurité. La nuit du jeudi 21 juin 2024, vers 21 heures, trois civils ont été froidement égorgés dans une attaque à Bamone, situé dans le canton de Namoudjoga, par des terroristes présumés. Cet incident survient seulement cinq jours après qu’un engin explosif improvisé (EEI) a détruit un tricycle transportant quatre personnes revenant des champs.
Une montée inquiétante des violences terroristes
Selon les témoignages, des terroristes cagoulés ont fait irruption dans le village de Bamone, situé à 30 kilomètres au sud de Tambonga, aux alentours de 21 heures. Ils ont égorgé trois civils de manière brutale. Une quatrième personne, tentant de fuir pour échapper à la violence, a également été abattue par les assaillants. Les terroristes ne se sont pas contentés de commettre ces meurtres. Ils ont également pillé le village, emportant plusieurs têtes de bétail et une somme de 90 000 FCFA. Les téléphones portables des victimes ont également été volés.
Cette attaque à Bamone intervient dans un contexte de recrudescence des violences terroristes dans le nord du Togo. Il y a moins d’une semaine, quatre personnes revenant des champs avaient déjà été victimes d’une explosion d’EEI dans la région. Les attaques deviennent de plus en plus fréquentes, et les communautés locales vivent dans une peur constante. Depuis plus de deux ans, les autorités n’ont pas communiqué officiellement sur les attaques terroristes, laissant les populations locales dans une incertitude et une vulnérabilité croissantes. « Le silence des autorités ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon des populations locales », a déclaré un habitant de la région sous couvert d’anonymat.
Une menace grandissante pour la sécurité nationale
L’attaque de Bamone n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une série d’attaques terroristes qui visent à déstabiliser la région nord du Togo, une zone déjà fragile et en proie à des tensions ethniques et économiques. La présence de groupes terroristes dans cette région pose une menace sérieuse à la sécurité nationale et à la stabilité du pays.
Les autorités togolaises ont lancé plusieurs opérations militaires, notamment l’opération « Kondjouare », pour tenter de contenir les incursions djihadistes. Cette opération bénéficie du soutien d’instructeurs biélorusses, initialement basés à Nassablé, un quartier de Dapaong, et maintenant actifs dans la région de Kpendjal. Ces instructeurs sont responsables de la formation des forces togolaises et de la conduite d’opérations aériennes contre les groupes terroristes. Malgré ces efforts, la situation sécuritaire reste critique.
