Un tournant majeur s’annonce pour les influenceurs au Sénégal. Lors de la présentation du Plan de redressement économique et social baptisé Jubbanti Koom, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé une nouvelle mesure qui fait déjà couler beaucoup d’encre : la fiscalisation des influenceurs. Ce secteur, longtemps resté en dehors du système fiscal, sera désormais intégré dans la politique de mobilisation des ressources internes. Une décision qui vise à instaurer davantage d’équité et de justice fiscale dans un contexte économique où chaque contribution compte.
Le monde de l’influence dans le viseur du fisc
Jusqu’ici, les revenus issus de l’influence digitale échappaient largement à la fiscalité au Sénégal. Blogs sponsorisés, publications rémunérées, placements de produits… ces activités se sont multipliées ces dernières années sans véritable encadrement fiscal. « Désormais, vous passerez à la caisse », aurait déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko.
L’objectif est clair : mettre de l’ordre dans un secteur en pleine expansion qui génère d’importants revenus, souvent non déclarés. Cette mesure permettra aussi au gouvernement de mieux recenser les influenceurs professionnels et de cadrer leur activité dans un cadre légal et fiscal. Une régularisation qui s’inscrit dans une volonté de modernisation et de transparence.
Une logique de justice fiscale et d’autonomie économique
Cette décision s’inscrit dans une démarche globale de réduction de la dépendance aux financements extérieurs. Pour le gouvernement, il est crucial que chaque citoyen, quelle que soit sa profession, participe au financement des projets de développement. « Toute activité génératrice de revenus doit participer à l’effort national », a rappelé le chef du gouvernement.
Cette fiscalisation des influenceurs entre donc dans une logique de justice sociale. Elle vise à corriger les déséquilibres entre les secteurs formels et informels, en intégrant les nouvelles professions numériques dans le système fiscal. Le Sénégal rejoint ainsi une tendance mondiale, où de nombreux pays imposent déjà les créateurs de contenu digital.
