Le Bénin relance son transport universitaire avec 63 bus neufs appelés à desservir 12 villes à partir du 21 septembre 2026. Le dispositif s’accompagne d’une transformation numérique avec UnivServices.bj, une plateforme nationale qui doit progressivement centraliser plusieurs services destinés aux étudiants.
63 bus neufs répartis sur 28 lignes universitaires
La relance du transport universitaire fait partie des mesures sociales annoncées par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 2 septembre. Elle concerne les quatre universités publiques du pays : l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), l’Université de Parakou (UP), l’Université nationale d’Agriculture (UNA) et l’Université nationale des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (UNSTIM).
Au total, 63 bus neufs doivent être déployés sur 28 lignes. Leur mise en circulation est annoncée à partir du 21 septembre. La flotte couvrira Abomey-Calavi, Cotonou, Porto-Novo, Dangbo, Adjarra, Abomey, Dassa-Zoumè, Lokossa, Natitingou, Sakété, Kétou et Parakou.
L’échelle du dispositif marque une rupture avec l’organisation précédente. « Vous notez que ça va être la première fois que nous avons une flotte aussi fournie en une fois. 63 bus pour commencer, et des bus neufs », déclarait le 4 septembre Wilfried Léandre Houngbédji, ministre porte-parole du gouvernement. L’exécutif veut notamment étendre les dessertes à des pôles universitaires qui bénéficiaient peu ou pas du service.
UnivServices.bj centralise l’accès au transport universitaire
La nouveauté ne réside pas seulement dans les véhicules. L’État mise également sur la dématérialisation pour gérer l’accès au service. Contrairement à certaines publications qui mentionnent « univservice.bj », le portail actuellement opérationnel est bien UnivServices.bj. Il se présente comme la Plateforme nationale des services universitaires.
Pour se connecter une première fois, l’étudiant doit renseigner son Numéro personnel d’identification (NPI) et son matricule, puis définir son mot de passe et son code PIN. Les tickets peuvent être achetés via BJ Pay, avec MTN, Moov ou Celtiis. À l’embarquement, plusieurs solutions sont prévues : présentation du QR code à une badgeuse, utilisation du NPI et du PIN ou communication d’un code de ticket actif.
Le dispositif réduit ainsi le recours aux espèces. Il permet aussi de rapprocher les tickets achetés des embarquements effectivement enregistrés, ce qui facilite le suivi de la fréquentation et des recettes du transport universitaire.
Le *611# doit éviter d’exclure les étudiants sans smartphone
La numérisation pose toutefois une question essentielle : celle de l’accès au service pour les étudiants qui ne possèdent pas de smartphone ou disposent difficilement d’Internet. Le système prévoit une alternative par USSD. Depuis un téléphone classique, l’étudiant peut composer *611# pour acheter des tickets, consulter son solde ou récupérer son code de ticket actif.
Cette possibilité est importante pour maintenir l’accessibilité du dispositif. Le NPI reste cependant central pour identifier l’usager. La réussite du système dépendra donc aussi de la capacité à résoudre rapidement les problèmes de matricule, de NPI, de paiement ou de compte lors du démarrage du service.
Le portail indique par ailleurs que le prix unitaire du ticket est affiché au moment de l’achat. Plusieurs publications béninoises annoncent un tarif de 200 FCFA par trajet, mais cette somme n’apparaît pas actuellement dans la FAQ publique d’UnivServices.bj.
Une plateforme appelée à dépasser largement les seuls bus
UnivServices.bj ne doit pas rester cantonnée au transport. Le portail prévoit à terme de regrouper quatre grands services universitaires : transport, restauration, hébergement et santé. À ce stade, le transport est présenté comme disponible, tandis que les trois autres modules sont encore annoncés comme « bientôt » accessibles.
L’enjeu de la rentrée 2026-2027 sera donc double. Le gouvernement devra assurer la circulation régulière des 63 véhicules sur les 28 lignes annoncées, mais aussi démontrer que la nouvelle infrastructure numérique supporte l’afflux des étudiants et simplifie réellement leur quotidien.
Avec 12 villes couvertes et une plateforme nationale commune aux quatre universités publiques, le transport universitaire au Bénin change ainsi de dimension. Le test décisif commencera le 21 septembre, lorsque les annonces devront se traduire par des bus effectivement disponibles et des trajets accessibles aux étudiants.
