Le PIB du Ghana a progressé de 6 % au deuxième trimestre 2026, confirmant la bonne dynamique de l’économie après la crise des années précédentes. Derrière ce chiffre se cache surtout une poussée spectaculaire des technologies de l’information et de la communication, responsables à elles seules de 41,5 % de la croissance.
Les TIC progressent de près de 31 %
Les chiffres publiés par le Ghana Statistical Service (GSS) le 9 septembre montrent que le secteur des TIC a progressé de 30,9 % sur un an. Sa croissance atteignait déjà 21,3 % au deuxième trimestre 2025.
Cette accélération donne au numérique un poids considérable dans les performances du pays. Selon le statisticien du gouvernement, Alhassan Iddrisu, 41,5 % de toute la croissance enregistrée pendant le trimestre provient des TIC.
« Plus de quatre cedis sur dix de la nouvelle croissance de l’économie ghanéenne proviennent d’un seul secteur », a-t-il expliqué. Téléphonie, données mobiles, services numériques et autres activités de communication occupent ainsi une place croissante dans l’économie.
Le responsable écarte surtout l’hypothèse d’une envolée ponctuelle. Les TIC affichent une croissance à deux chiffres chaque trimestre depuis trois ans. Pour lui, l’histoire actuelle de la croissance ghanéenne est donc « essentiellement une histoire numérique ».
Les services restent le premier moteur du PIB du Ghana
Cette poussée technologique bénéficie à l’ensemble des services. Le secteur a progressé de 8 % et généré 57,6 % de la croissance du deuxième trimestre. Il représente par ailleurs 45,9 % de l’économie ghanéenne.
D’autres activités ont enregistré des performances importantes. Le transport et le stockage ont augmenté de 14,9 %, tandis que l’industrie manufacturière a progressé de 6,6 %. Cette dernière a fourni 11,4 % de la croissance totale.
L’économie numérique n’est donc pas le seul moteur. Elle occupe toutefois une place disproportionnée puisqu’elle génère plus de quatre dixièmes de l’expansion à elle seule.
Sur l’ensemble du premier semestre, le PIB réel a augmenté de 6,2 %. La croissance hors pétrole atteint 5,9 % sur cette même période.
Le pétrole se redresse, l’agriculture ralentit
L’industrie a progressé de 4,3 % au deuxième trimestre. Elle bénéficie notamment du retour en force de la production pétrolière et gazière après une année 2025 difficile.
Selon les données présentées par le GSS, l’activité pétrolière et gazière a augmenté de 22,4 %, après une contraction de 29 % un an auparavant. Ce retournement a représenté 12,8 % de la croissance totale du trimestre.
L’agriculture affiche une situation beaucoup moins favorable. Sa croissance est tombée à 3,9 %, contre 7,1 % au deuxième trimestre 2025.
Les écarts restent toutefois importants à l’intérieur du secteur. La sylviculture a progressé de 10,7 % et les cultures de 5,2 %. À l’inverse, la pêche s’est effondrée de 24,7 %. Cette contraction a retranché environ 4,6 % à la croissance globale qui aurait été enregistrée sans ce recul.
L’hôtellerie-restauration, l’éducation, l’administration publique et l’immobilier ont également reculé. La croissance ghanéenne reste donc solide, mais elle demeure très inégalement répartie entre les activités.
Une croissance de 6 %, mais moins forte qu’en 2025
Le chiffre de 6 % constitue une bonne performance, sans pour autant traduire une accélération générale. Au deuxième trimestre 2025, le Ghana avait enregistré une croissance de 6,6 %. Le rythme s’est donc légèrement tassé sur un an.
Le PIB réel s’est établi à 51,3 milliards de cedis constants au deuxième trimestre, contre 48,4 milliards un an auparavant. En valeur nominale, la production de biens et services a atteint 372,1 milliards de cedis, soit une augmentation de 11,4 %.
Le pays bénéficie parallèlement d’une forte décrue de l’inflation. Celle-ci s’établissait à 5 % en août 2026, très loin des 54,1 % enregistrés en décembre 2022 au plus fort de la crise économique.
Le Ghana a également achevé en juillet la dernière revue de son programme de 3 milliards de dollars avec le FMI. L’institution estime que les réformes et l’évolution favorable des matières premières ont contribué à stabiliser l’économie et à réduire les risques liés à la dette.
Le défi consiste maintenant à transformer les TIC en emplois
La croissance spectaculaire des technologies représente une bonne nouvelle, mais elle soulève une question essentielle. Une progression rapide du PIB du Ghana ne garantit pas automatiquement une amélioration équivalente du niveau de vie.
Alhassan Iddrisu insiste lui-même sur ce point. Une croissance de 6 % ne prend réellement tout son sens que lorsqu’elle produit de meilleurs emplois, améliore les services et crée des opportunités pour davantage de personnes.
Le Ghana devra donc élargir sa dynamique au-delà des TIC. La progression du numérique peut devenir un puissant moteur structurel, mais le ralentissement agricole et les difficultés de la pêche montrent que certaines activités dont dépendent directement de nombreux ménages restent fragiles.
