Le Ghana achève son programme de financement de 3 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international. En validant, le 27 juillet 2026, la sixième et dernière revue de la Facilité élargie de crédit, le Conseil d’administration du FMI autorise un dernier décaissement d’environ 371 millions de dollars et clôt un cycle ouvert en mai 2023 au plus fort de la crise économique.
Accra tourne la page du financement d’urgence
Le programme avait été mis en place après une forte dépréciation du cedi, une inflation élevée et une dette devenue insoutenable. Il visait à restaurer la stabilité macroéconomique, reconstituer les réserves de change et accompagner la restructuration de la dette publique.
Trois ans plus tard, les autorités ghanéennes présentent la clôture de la Facilité élargie de crédit comme le signe d’un redressement. Le gouvernement met en avant la baisse de l’inflation, l’amélioration des réserves internationales et le recul du poids de la dette dans l’économie.
Les réserves de change étaient estimées à environ 14,5 milliards de dollars à la fin de février 2026, soit près de six mois de couverture des importations. Cette amélioration s’est accompagnée d’un resserrement monétaire, d’un ajustement budgétaire et d’un vaste processus de restructuration de la dette.
Le parcours n’a pas été linéaire. Le FMI avait relevé des dérapages budgétaires à la fin de 2024, liés notamment aux dépenses préélectorales. Des mesures correctrices ont ensuite été engagées afin de remettre le programme sur sa trajectoire.
Le Ghana reste lié au FMI sans nouveaux décaissements
La fin du programme ne marque pas la fin de la relation entre Accra et le Fonds. Le Ghana prévoit de rejoindre un Instrument de coordination des politiques, ou PCI, d’une durée de 36 mois.
Ce mécanisme ne prévoit aucun nouveau prêt. Il doit fournir un cadre de suivi et de conseil autour de plusieurs priorités : discipline budgétaire, soutenabilité de la dette, transparence des finances publiques, gouvernance des entreprises publiques, stabilité du secteur financier et diversification de l’économie.
Ce choix permet au gouvernement de conserver un ancrage auprès du FMI tout en affirmant qu’il ne dépend plus d’un soutien concessionnel immédiat. Pour les investisseurs, ce dispositif doit aussi servir de signal sur la continuité des réformes après la fin du programme.
La question de la dette restera centrale. Les remboursements liés à la Facilité élargie de crédit doivent devenir plus significatifs à partir de 2029, maintenant une forte pression sur les finances publiques durant les prochaines années.
La restructuration de la dette extérieure constitue également un test pour la solidité du redressement. Le ministère des Finances indique avoir achevé, le 13 juillet 2026, l’échange des dernières obligations émises sous la forme de SADEREA Notes, complétant le reprofilage négocié avec les créanciers.
Le Ghana quitte ainsi le régime de financement d’urgence, sans pour autant retrouver une liberté totale. La réussite de cette nouvelle phase dépendra de la capacité du gouvernement à maintenir les réformes, préserver les réserves et éviter de nouveaux déséquilibres budgétaires alors que les remboursements se rapprochent.
