Le chiffre d’affaires des services au Bénin a progressé de 14,6 % au deuxième trimestre 2026 sur un an, selon l’INStaD. La hausse reste solide, mais elle masque de forts écarts entre l’immobilier, les transports et les activités numériques.
L’immobilier et les transports tirent les services
L’Indice du chiffre d’affaires (ICA) des autres services affiche une hausse de 14,6 % entre le deuxième trimestre 2025 et celui de 2026, d’après les données publiées le 14 septembre par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD).
Les activités immobilières enregistrent la progression la plus spectaculaire avec une hausse de 37 % sur un an. Les transports et l’entreposage suivent de près à +34,1 %. Deux autres branches affichent des performances plus modérées : les activités pour la santé humaine et l’action sociale progressent de 5,7 %, tandis que l’hébergement avance de 5,1 %.
Ces chiffres montrent que la dynamique des services repose largement sur quelques secteurs. Elle ne traduit donc pas une hausse uniforme de l’activité tertiaire béninoise.
Les services ralentissent après un premier trimestre exceptionnel
La progression de 14,6 % reste importante, mais marque un net ralentissement par rapport au début de l’année. Au premier trimestre 2026, l’indice du chiffre d’affaires des autres services avait bondi de 31,9 % en glissement annuel. Les transports et l’entreposage affichaient alors une hausse de 68,1 %, contre 41,4 % pour les activités immobilières.
La comparaison doit toutefois être maniée avec prudence. Il s’agit de taux calculés par rapport aux mêmes trimestres de l’année précédente, et non d’une mesure directe de la variation entre le premier et le deuxième trimestre 2026.
La branche information et communication reste par ailleurs en retrait. Son chiffre d’affaires diminue de 4,3 % sur un an au deuxième trimestre. La baisse est néanmoins moins forte qu’au premier trimestre, lorsque ce secteur reculait de 16,3 %.
Le commerce accélère avec une hausse de 6,8 %
Le commerce évolue dans la direction opposée. Son indice du chiffre d’affaires progresse de 6,8 % au deuxième trimestre 2026 en glissement annuel, après une hausse de seulement 3,1 % au premier trimestre.
La meilleure performance revient au commerce et à la réparation d’automobiles et de motocycles, en hausse de 17,1 %. Le commerce de détail progresse pour sa part de 7,3 %, tandis que le commerce de gros et les activités des intermédiaires affichent une croissance plus limitée de 2,2 %.
Toutes les activités commerciales ne profitent cependant pas de cette dynamique. Le commerce de détail spécialisé dans la quincaillerie, les peintures, le verre, les tapis et les revêtements de sols et de murs recule de 18,6 % sur un an. Ce repli atténue la progression globale de l’indice.
Une hausse du chiffre d’affaires qui ne mesure pas les bénéfices
L’évolution publiée par l’INStaD doit être interprétée correctement. L’indice du chiffre d’affaires mesure la variation des ventes réalisées par les entreprises suivies. Une hausse de 14,6 % des services ne signifie donc pas que les bénéfices des entreprises ont progressé dans les mêmes proportions.
La rentabilité dépend aussi des coûts de fonctionnement, des salaires, de l’énergie, du financement et des prix des intrants. Une entreprise peut ainsi accroître ses ventes tout en voyant ses marges stagner ou diminuer.
Les données du deuxième trimestre dessinent néanmoins une économie tertiaire toujours dynamique, surtout dans l’immobilier et les transports. La suite de l’année permettra de déterminer si le ralentissement observé par rapport au premier trimestre traduit une normalisation après une forte progression initiale ou le début d’une croissance plus modérée des services.
