Dans un communiqué lu à la télévision nationale dans la soirée de ce jeudi 19 octobre 2023, les militaires au pouvoir au Niger accusent le président déchu, Mohamed Bazoum de tentative d’évasion dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 octobre. Mais les proches de Bazoum disent être sans ses nouvelles et celles de son épouse et de son fils depuis jeudi matin.
L’accusation de la junte militaire
Le communiqué émis par le régime militaire au pouvoir au Niger indique que Mohamed Bazoum était accompagné de sa famille et de ses deux cuisiniers dans sa tentative d’évasion. Les détails précis de l’incident restent flous, car le communiqué ne fournit que peu d’informations sur le lieu où les circonstances de la prétendue tentative d’évasion. Il n’a pas plus été révélé où se trouvait actuellement Bazoum. Ses proches sont plongés dans l’incertitude et l’inquiétude depuis jeudi matin, ne connaissant rien de la situation de Bazoum. Ils indiquent être sans les nouvelles de ce dernier, de son fils, et de son épouse. L’ex-famille présidentielle était placée en résidence surveillée.
Mohamed Bazoum obsédé par son pouvoir ?
Bientôt trois mois que le pouvoir de Mohamed Bazouma été renversé par des militaires. Mais il continue de se réclamer président du Niger. Bazoum fait le tout pour son retour au pouvoir. Il n’a d’ailleurs pas signé la lettre de son renoncement au pouvoir. Après avoir saisi la Cour de justice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), il a récemment porté sa cause devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le président déchu a saisi le « groupe de travail sur la détention arbitraire » et le « comité des droits de l’homme » au sein de cette instance internationale.
Outre l’action devant l’ONU, les avocats de Mohamed Bazoum ont annoncé le dépôt d’une « plainte avec constitution de partie civile » en France selon franceinfo. Cette plainte vise à poursuivre les auteurs présumés de « l’attentat et complot contre l’autorité de l’État » ainsi que les responsables d’« arrestations et séquestrations arbitraires » dans le cadre du coup d’État du 26 juillet.
Lors de la saisie de la Cour de justice de la Cédéao en septembre, les avocats de Mohamed Bazoum avaient plaidé en faveur du rétablissement de l’ordre constitutionnel. Ils demandaient que « l’État du Niger soit condamné au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel par la remise du pouvoir au président Bazoum qui doit continuer de l’exercer jusqu’à la fin de son mandat le 2 avril 2026 », selon les propos de son avocat sénégalais, Seydou Diagne.
