Des milliers de militants du PDCI-RDA et du PPA-CI ont envahi les rues de Yopougon pour dénoncer l’exclusion de plusieurs figures politiques de la liste électorale. Mais l’événement a pris une autre tournure avec l’annonce du procureur sur d’éventuelles poursuites liées à des propos racistes et xénophobes.
Une marche sous haute tension politique
Ce samedi 9 août 2025, Yopougon s’est transformé en un vaste espace de mobilisation. Drapeaux en main, slogans scandés et tambours résonnant, des milliers de militants du PDCI-RDA et du PPA-CI ont manifesté contre l’exclusion de certains candidats à l’élection, parmi lesquels Cheikh Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo.
L’atmosphère était électrique, marquée par un fort engagement des participants déterminés à faire entendre leur voix face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte au processus démocratique. Cependant, derrière cette démonstration de force politique se profilait une tension palpable. La marche, initialement prévue pour exprimer un mécontentement politique, a été ternie par la diffusion sur les réseaux sociaux de propos jugés offensants et discriminatoires.
Le procureur annonce la “fin de la récréation”
Intervenant sur NCI, le procureur de la République près le tribunal d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a exprimé son indignation face à des paroles qualifiées de “haineuses, racistes et xénophobes” entendues durant la manifestation. Parmi elles, des expressions visant des communautés spécifiques comme “mossi” ou “étrangers”. Pour le magistrat, ces propos franchissent une ligne rouge : « Le parquet ne peut pas rester muet », a-t-il affirmé, insistant sur son rôle de garant de l’ordre public.
Le procureur a été clair : toute personne identifiée grâce aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux sera interpellée, jugée et sanctionnée conformément à la loi. « C’est la fin de la récréation », a-t-il martelé, signifiant que ce type de dérive ne restera pas impuni, quelle que soit la cause défendue.
