Depuis plus de huit mois maintenant, le Gabon vit sous le spectre d’un changement politique radical suite au coup d’État qui a entraîné la chute de l’ancien président Ali Bongo. Cependant, malgré cette transition, une mesure demeure : le couvre-feu, qui, bien qu’allégé, suscite toujours l’irritation des Gabonais. Cette restriction prolongée, imposant la fermeture des établissements à minuit et obligeant chacun à être chez soi, continue de diviser l’opinion publique.
Le couvre-feu : une mesure qui s’éternise
Depuis la mise en place du couvre-feu, la vie nocturne à Libreville et dans d’autres villes du Gabon a subi une transformation drastique. Autrefois animés jusqu’aux premières heures du matin, les rues et les établissements commerciaux doivent désormais se plier à des horaires stricts, sous peine de sanctions. Cette situation a non seulement un impact sur l’animation des quartiers, mais elle a également des répercussions économiques considérables. Les propriétaires d’établissements comme le Beaulieu témoignent d’une baisse significative de leurs recettes depuis l’instauration du couvre-feu, ce qui les pousse à envisager des ajustements drastiques.
La frustration monte parmi les Gabonais
La persistance du couvre-feu exacerbe le mécontentement parmi les Gabonais, qui voient dans cette mesure une entrave à leur liberté et à leur bien-être social. Pour beaucoup, les retrouvailles entre amis et les moments de convivialité sont essentiels pour échapper aux tensions du quotidien. Cependant, le couvre-feu restreint ces interactions, créant un sentiment de frustration et d’isolement. Les récits de citoyens comme Lévis et Méri Ndoné illustrent parfaitement ce ressenti, exprimant le besoin de voir cette mesure levée pour retrouver une certaine normalité dans leur vie sociale.
La mise en place du couvre-feu s’est avérée être une réponse immédiate des autorités militaires à l’instabilité politique et à l’agitation sociale qui ont suivi le coup d’État. Cependant, son maintien prolongé soulève des questions quant à sa réelle nécessité et à son efficacité à long terme. Alors que la junte justifie cette mesure par la nécessité de maintenir la stabilité et la sécurité dans le pays, de nombreux Gabonais remettent en question son utilité, surtout à la lumière des progrès réalisés dans le processus de transition politique.
La frustration des citoyens face à cette restriction croissante s’exprime à travers une série de plaintes et de critiques adressées aux autorités, selon RFI. Si la junte insiste sur le fait que la situation n’est pas encore assez stable pour lever le couvre-feu, de nombreux Gabonais estiment que cette justification n’est plus valable après huit mois de restrictions, après le renversement d’Ali Bongo. La résistance à cette mesure s’intensifie, mettant en lumière un fossé grandissant entre les aspirations de la population et les décisions des autorités.
