Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a réuni les officiers supérieurs de l’armée congolaise à Kinshasa le 18 octobre 2023 pour discuter de la situation sécuritaire du pays. Lors de ce rassemblement, le président Tshisekedi a adopté un ton offensif envers le Rwanda et a réaffirmé la détermination de la RDC à mettre fin militairement au mouvement rebelle M23 et à ses alliés. Cette position contraste avec les discours diplomatiques officiels précédents.
Félix Tshisekedi hausse le ton
Le président Félix Tshisekedi a ouvert la réunion avec un discours franc et sévère, mettant l’accent sur les pertes en vies humaines et les problèmes internes de sécurité en RDC. Il a évoqué les influences négatives des pays voisins, en particulier le Rwanda, dans les conflits en RDC. « Nous avons perdu énormément de compatriotes, d’abord à cause de l’influence négative de nos voisins, mais aussi de nous-mêmes. Regardons-nous en face. Il y a eu des failles dans notre système de défense et de sécurité », a-t-il déclaré
Le discours présidentiel a été précédé par l’arrestation de certains officiers supérieurs de l’armée congolaise, dont le lieutenant-général Philémon Yav. Ce dernier a été accusé de complicité avec le mouvement rebelle M23 dans le but de prendre le contrôle de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC.
Le président Tshisekedi a souligné qu’il mettait désormais à disposition de l’armée des ressources accrues et a exhorté les officiers à relever le défi actuel.
Le déploiement de nouvelles brigades
En réponse à la situation sécuritaire préoccupante, la RDC prévoit de déployer une dizaine de nouvelles brigades, récemment formées, sur le terrain dès le mois prochain. Cette action vise à renforcer les opérations de l’armée contre les groupes rebelles actifs dans la région.
Alors que la RDC affiche publiquement une préférence pour la diplomatie, des groupes qualifiés de pro-gouvernementaux continuent de combattre le M23 sur le terrain. Cette dualité entre discours diplomatiques et actions militaires a été soulignée devant le Conseil de sécurité des Nations unies par l’envoyé spécial des Nations unies pour la région des Grands Lacs d’Afrique le 17 octobre.
