Le 26 octobre 2023, une lettre confidentielle datée du 24 octobre du directeur général de l’administration pénitentiaire, le colonnel Abdoulaye Diagne à la ministre de la Justice, Aissata Tall Sall, est devenue virale sur les réseaux sociaux. La lettre décrit l’état de santé d’Ousmane Sonko comme nécessitant un « maintien en service de réanimation ». L’opposant principal à Macky Sall, tient des propos « délirants et incohérents » et a une « fièvre de 40 degrés » avec « vomissements » et « perte de connaissance ayant nécessité des soins de réanimation », selon le même document.
Ouverture d’une enquête
A la suite des informations sur l’état de santé d’Ousmane Sonko, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors-Classe de Dakar a annoncé ce jeudi 26 octobre 2023, l’ouverture d’une enquête pour identifier les responsables de cette diffusion, en raison de la protection des données à caractère personnel.
Réaction des avocats de Ousmane Sonko
Dans un communiqué de presse en date de ce vendredi 27 octobre 2023, le collectif des avocats de Ousmane Sonko, « rappelle à l’attention du Procureur de la République que le détenu Ousmane SONKO n’est pas demandeur d’une protection de ses données personnelles par l’État du Sénégal dans le cadre d’une politique pénale à géométrie variable.
Le Pool d’Avocats de Monsieur Ousmane SONKO constate en effet que le Procureur de la République s’est illustré par son indifférence lorsque les données personnelles du même Ousmane SONKO, les photos et vidéos de son enlèvement, les images de ses effets personnels, avaient été largement publiées et partagées à son insu dans des sites internet qui lui sont manifestement hostiles, le 29 mai 2023. On l’a vu ainsi photographié et filmé, alors qu’il était entre les mains des gendarmes.
Le Pool d’Avocats constate également qu’au moment où le communiqué du Parquet était rendu public ce 26 Octobre 2023, l’administration refusait et continue de refuser d’exécuter une décision de justice, en portant atteinte aux droits civiques, crime prévu par l’article 106 du Code Pénal, sans information judiciaire à ce jour ouverte par le Parquet.
Le Collectif demande plutôt à l’État de tirer les conséquences de la situation sanitaire extrêmement grave et préoccupante de Monsieur Ousmane SONKO.
Le Collectif de défense rappelle à l’État son obligation de protéger la vie et la santé des personnes privées de liberté et, en particulier, de Monsieur Ousmane SONKO, dont la situation sanitaire se dégrade de jour en jour, ce qui est connu des autorités exécutives et judiciaires ».
